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 How to cook a good meal? {pv}

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Dorian Finnigan
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MessageSujet: How to cook a good meal? {pv}   Dim 7 Déc - 18:26

Jour 2
14h30
Well you can't make a curry from an oxo cube
There's no taramasalata in a toothpaste tube
The bank inside the sofa can't buy another bag of chips
I want to dine out in style but i'm bloody skint
I've got 27p and a polo mint
And a natural aversion to another buttered weetabix
Mj Hibbett & The Validators : Good cooking


C’était une journée abominable. A se taper la tête contre les murs. A détester son prochain, et toutes ces conneries. Johannes Andersen s’était pourtant remis de ce voyage en avion, mais ne s’était pas attendu à apprendre une nouvelle aussi… frappante, sur les coups de midi.


Et maintenant qu’il savait, il était évident qu’il était sur les nerfs. Un peu comme le géant vert, en fait, ou encore l’abominable Hulk. Ce cher machin vert qui changeait d’apparence en même temps que le cycle de la lune ou un truc du genre… Oui, ça vous en bouche un coin que Johannes ait connaissance de ce truc extrait de comics américain, n’est-ce pas? Normal. On vous le donne en mille, il avait laissé la place à son jumeau diabolique. En d’autres termes, depuis qu’il ne prenait plus ces médecines supposées soigner ses troubles du comportement, grâce ou à cause de Kitsuné, il arrivait à Arthur, son lui intérieur, de refaire des apparitions.
Ça, c’était pour la petite histoire. Celle qui expliquait pourquoi Andersen venait tout juste de se faire disqualifier du tournoi d’escrime, soit disant pour manque de fair-play. Cela n’était pas parce que cette lavette de Lindwall Bennett, le type d’Oxford qu’il venait de mettre à terre, était incapable de tenir correctement un fleuret qu’il en était responsable. D’autant plus, et qu’on se le dise, le but d’une compétition n’était pas de participer, mais de gagner. Après quelques vives protestation, il avait donc quitté son équipement qu’il trouvait de toutes manières ridicule, et s’était tiré, ayant, de toutes manières d’autres chats à fouetter.
Étrangement, Johannes était parfaitement conscient de tout ce que ce autre lui faisait, mais, loin de s’en offusquer, il se laissait emporter par sa colère et son énervement, n’ayant plus vraiment cure des conséquences de ses actes
.

Et maintenant, il recevait ce fameux mail qui lui disait de se rendre aux épreuves de cuisine. Devant son ordinateur, Johannes, enfin, Arthur, eut un air particulièrement… Déconfit. Cuisine. Ce Duty avait un sens de l’humour particulier.

L’épreuve commençait dans une dizaine de minutes, et il était dans la chambre qu’on lui avait attribuée, et qui se trouvait à l’opposé du château. Génial, comme si il n’avait pas vu assez d’Oxfordiens pour le reste de ses jours…

Il arriva dans les cuisines du château d’Ashford l’air particulièrement débraillé : totalement échevelé, la cravate dénouée et une expression particulièrement antipathique sur le visage. Il fut accueilli par une femme d’un certain age, qui avait tout du profil de la parfaite cuisinière :

« Vous devez être monsieur Andersen? Veuillez signer ici, votre binôme ne devrais pas tarder à arriver. Il semblerait que vous ayez des problèmes de ponctualité, à Cambridge ».

Les ricanements de ceux qui étaient visiblement de l’école rivale résonnèrent dans la pièce. Agacé, Johannes répondit tout en signant le registre :

« Sauf votre respect, Madame, à Cambridge, nous avons d’autres priorités que de mitonner des petits plats »

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Nola Dakins
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MessageSujet: Re: How to cook a good meal? {pv}   Dim 7 Déc - 20:56

Durant le voyage, le vocabulaire de Liliany s’était grandement réduit. La petite blonde écarquillait ses petits yeux bleus en poussant des Waaa qui devenaient son seul mode de communication. En effet mademoiselle Sturgess s’émerveillait de tout. Waaa l’avion, waaa regardes on voit les nuages, waaa c’est drôlement grand ici, waaa trop bien le programme, waaa c’est trop mignon…. Et évidemment, elle avait eut la même expression quand elle reçu un mail l’invitant à se rendre au concours culinaire. Problème numéro un, Liliany était une vraie maladroite. Trébucher, glisser, casser, bousculer… étaient des actions familières pour la jeune écossaise. Néanmoins elle se rassurait en se promettant de ne pas se précipiter et de tout faire avec minutie pour ne pas créer de catastrophe. Problème numéro deux, a part les cookies, Liliany ne savait pas vraiment cuisiner. Mais ne dit-on pas que la meilleure des cuisines est celle qui est faite avec le cœur ? Et si cette maxime s'avérait être vraie, Liliany débordante d’amour avait de quoi nourrir un régiment.

Mais pourquoi Liliany prenait-elle autant de risques à se lancer dans un concours alors qu’elle n’avait de toute évidence pas les aptitudes pour ce genre d’exercice ? La réponse était mélodieuse, douce comme un soupire, gorgée de nostalgie : Johannes A.. Petit Lord au visage gracile, au regard charmeur, d’une prestance et d’une classe à faire chavirer n’importe qui et qui avait été longtemps la principale obsession de notre joyeuse hystérique. Mais les choses avaient changé, elle était maintenant avec Bhö O’Sullivan, qu’elle aimait entièrement et pour de vrai. Mais Johannes, même s’il lui avait brisé le cœur, restait toujours agréable à regarder et Liliany ne disait jamais non pour quelques minutes en sa compagnie.
Elle s’était donc rendu en cuisine après avoir relevé ses cheveux. Elle était un peu en retard parce qu’elle avait trainé au repas à force de blah-blah mais elle se pressait à présent pour ne pas faire attendre son partenaire. Ce qu’elle ignorait c’est que, de son côté, Johannes, s’était fait désirer également et s’attrapait les foudres narquoises de la présidente du jury de cette épreuve. Quand la petite tête blonde passa la seuil de la porte des cuisines, elle vit une femme d’âge mur en tablier blanc et chignon tiré à quatre épingles dans un échange verbale des moins chaleureux. Face à elle, un jeune homme à l’allure nonchalante, pâle copie de celui qu’elle avait adulé jadis mais doté d’une désinvolture insolente. Liliany ne mit pas longtemps à reconnaître Johannes. Elle se glissa derrière lui et lui prit le stylo que lui avait tendu la cuisinière pour signer en face de son nom son tour.

Désolée pour le retard mais le désert était délicieux…

Accro aux sucreries, si Sturgess venait à mourir, ce que nous souhaitons le plus tard possible n’est-ce pas ?, la cause serait surement une overdose de sucre. Mais aimer les déserts ne signifie pas savoir en faire forcément et la mission de Liliany était justement de tout faire pour que cela ne se remarque pas. Elle agrippa Johannes par le bras, profitant de cette proximité pour lui arranger sa cravate et se posta avec son binôme en colère derrière leur plan de travail.

Je suis contente de faire ce concours avec toi. J’espère qu’on va bien s’amuser… Mais dis moi, juste comme ça… tu sais cuisiner ? Quelle question, bien sur que tu sais cuisiner sinon tu ne serais pas là. Et puis les filles disent que tu sais tout faire. Je pense, même si elles ne sont pas loin de la vérité, qu’elles exagèrent un peu. Je peux te poser une question, tu viens de te réveiller ou un truc dans ce genre … parce que t'as l'air un peu...
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Dorian Finnigan
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MessageSujet: Re: How to cook a good meal? {pv}   Dim 7 Déc - 23:31

Personne n’avait dit à Andersen qu’il devrait faire cette épreuve culinaire en binôme, et encore moins que son binôme se prénommerait Liliany Sturgess.
Liliany, qu’il n’avait pas croisée depuis si longtemps qu’il en avait oublié sa manière si particulière d’être. Envahissante et souriante. Ne savait-elle pas que rien n’était plus agaçant, lorsque l’on était contrarié, que d’avoir dans son entourage une personne paraissant d’excellente humeur?

« Désolée pour le retard mais le désert était délicieux… »

Peut-être que la présidente du jury était trop occupée à maugréer sur l’impolitesse des élèves de Cambridge pour noter l’attitude de la nouvelle venue, mais Johannes Arthur, lui, ne pouvait l’éviter. Attrapant le stylo qu’il avait en main, elle entreprit de signer le registre, puis, lui agrippant le bras, resserra la cravate du jeune homme qui s’en rendit à peine compte, toujours occupé à envoyer des ondes particulièrement négatives à la femme tirée à quatre épingles qui avait osé lui parler sur ce ton. Une fois devant le plan de travail qui leur avait été attribué, Arthur observa les ingrédients qui s’étalaient sur la table. Bon sang, pourquoi est-ce que ce Duty avait décidé de tomber sur lui?
Il ferait mieux de partir maintenant, de toutes manières, Johannes avait déjà été disqualifié une fois, il n’était plus à cela près.

« Je suis contente de faire ce concours avec toi. J’espère qu’on va bien s’amuser… Mais dis moi, juste comme ça… tu sais cuisiner ? Quelle question, bien sur que tu sais cuisiner sinon tu ne serais pas là. Et puis les filles disent que tu sais tout faire. Je pense, même si elles ne sont pas loin de la vérité, qu’elles exagèrent un peu. Je peux te poser une question, tu viens de te réveiller ou un truc dans ce genre … parce que t'as l'air un peu... »

Desserrant machinalement sa cravate, il repoussa en arrière la mèche de cheveux qui lui tombait sur le visage depuis environ un quart d’heure, et baissa les yeux sur la multitude d’ingrédients et outils de cuisine qui s’étalaient devant eux.

« Un peu… quoi? »

Un sourire narquois apparu au coin de ses lèvres. Les « filles » disaient qu’il savait tout faire? Il en aurait rit. Il en connaissait une qui n’était pas du même avis, à en juger par ses reproches incessants, et plus récemment par…
Par ce qui avait mit le jeune homme dans cet état. Mais nous y reviendrons sans doute plus tard.

« Vous êtes ici présents pour vous livrer à une activité culinaire de haut niveau. Il vous faudra préparer les plats encochés dans les menus que nous sommes en train de vous distribuer. A chaque plat terminé, vous êtes priés d’appuyer sur la petite sonnette qui se trouve devant votre plan de travail. Vous avez quatre heures. A la fin de l’épreuve, le jury viendra goûter vos mets. Vous avez cinq minutes pour vous préparer. A mon top, vous pourrez y aller.»

Spoiler:
 
Attrapant le menu qu’on venait de lui glisser dans la main, il le parcouru rapidement avant de le tendre à Liliany. Si il pesait le pour et le contre, il fallait avouer qu’il n’avait rien à perdre, et que cela pouvait s’avérer amusant. Oui, parfaitement. Si il restait, il s’engageait à passer quatre heures dans une cuisine et si il s’en allait, il allait passer son après midi à broyer du noir. Soit. Autant reporter ça à plus tard. Car après tout, si il était encore une fois disqualifié, ça n’était pas tant à lui que serait le préjudice, mais à cette chère confrérie.

« Pour en revenir à tes questions, Liliany, je vais parfaitement bien, n'est-ce pas évident? Quand à la cuisine, cela n'est pas un problème, en théorie. »

Comprendre ainsi qu’Andersen n’avait fait que parcourir des livres de cuisine, mais que personne n’avait jamais songé à lui tendre une cuiller en bois.

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Nola Dakins
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MessageSujet: Re: How to cook a good meal? {pv}   Lun 8 Déc - 4:00

Le moins que l’on puisse dire c’était qu’il y avait de la tension dans l’air. Et quand je parle de tension, je ne parle pas uniquement de cette ambiance lourde propre au concours qui stresse tout le monde de manière positive et galvanise les cerveaux pour une hypothétique victoire. Non, je parle des ondes négatives qui s’émanaient de Johannes comme l’aurait fait ce parfum vanillé que transportait Liliany partout ou elle allait. A la différence que les mauvaises ondes de Johannes n’avaient rien d’agréable et son binôme, aussi enjouée fut-elle, craignait que cela ne soit néfaste, non pas à leur victoire, Liliany est plus modeste que ça, mais tout simplement pour leur moment fun à concocter de bons petits plats fait avec amour. Elle s’était alors inquiété pour lui. Peut-être qu’il venait de se lever. Il arrivait aussi à Liliany d’être d’humeur ronchonne au réveil, à une échelle Lilianienne. Mais même un Johannes de mauvais poil, restait un Johannes mignon comme tout. Et la petite Sturgess en avait les yeux tout pétillants en le fixant.

« Un peu… quoi? »

Voilà, les premiers mots du Lord à l’égard de son ancienne groupie. Cette dernière soupira en arborant un sourire idiot. Elle se mit à le détailler comme si elle le redécouvrait alors qu’il semblait dégager son visage pour elle de ses mèches brunes. Le Johannes qu’elle connaissait avait plus de réserve, il se tenait de façon présentable et ne se saurait jamais autorisé un nœud de cravate trop lâche ou une coiffure déstructurée. Mais croyez le ou non, ce Johannes avait autant de charme que celui qu’elle avait aimé à en devenir folle. Mais l’heure n’était pas l’amour nostalgique qu’elle avait pu éprouvé. Elle secoua sa tête pour reprendre ses esprits. Les consignes étaient en train d’être données. Dit comme ça, ça avait l’air simple et Liliany en fut presque soulagée. Mais cela ne dura qu’un temps car une fois que Johannes lui passa le menu, elle cru défaillir. Ses yeux devinrent ronds, dans quelle galère elle s’était encore fourré ? Elle déposa d’une main fébrile le menu et se rapprocha de Johannes qui venait de reprendre la parole.

Oui, c’est évident. Enfin, non pas vraiment. Personne ne peut aller parfaitement bien tout le temps. Alors ce n’est pas réellement une évidence. Mais qu’est-ce que tu entends par … en théorie ?

A peine eut-elle finit sa question que le top départ fut lancé. Liliany sursauta puis agrippa le bras de Johannes en le serrant fort entre ses petits doigts. Elle était prise de panique. Le stresse, le concours, l’attitude inhabituelle de Johannes, le menu… Elle se mit à parler très vite mais de manière à ce que seul Johannes puisse l’entendre.

Je ne sais pas cuisiner. Je suis désolée. Mais j’étais si contente de faire ce concours que je n’ai pas réfléchis et puis comme je t’avais en binôme je me suis dit que ça pouvait être un bon moment à passer. Une chouette expérience. Alors j’ai dit oui mais je n’aurais pas du. Je suis désolée. Je sais c’est stupide, mais je me suis engagée comme ça. Tu sais moi c’est les émotions avant tout. Mais la je me rends compte que c’est la panique parce que tu sais cuisiner en théorie et moi pas du tout, je ne suis bonne qu’a dévorer des pâtisseries. Et tu vois ça nous aide pas du tout parce que c’est une épreuve pratique. Alors on est dans la m…Mmmauvaise voie en vue de la victoire. On va se taper la honte, Johannes. C’est entièrement de ma faute.

Au fur et à mesure de son laïus son étreinte s’était resserrée de plus en plus fort sur le bras du pauvre garçon. Elle le libéra pour porter ses mains à sa bouche, poings fermés, une lueur de frayeur dans le regard. Parles Johannes, dis n’importe quoi, rassure la, sinon c’est les grandes eaux…

Je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur
Condamné à peindre, hélas ! sur les ténèbres ;
Où, cuisinier aux appétits funèbres,
Je fais bouillir et je mange mon coeur...


Ola ! Elle marmonne du Baudelaire... nous on dégage.
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Dorian Finnigan
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MessageSujet: Re: How to cook a good meal? {pv}   Mar 9 Déc - 1:44

Il y a fort à parier que le Johannes Andersen que nous connaissons tous ne se serait jamais inscrit à l’épreuve de cuisine sans avoir auparavant acquis un niveau digne des grands marmitons français, tout comme il paraissait presque incongru que le jeune homme n’ait jamais été derrière un fourneau. Une faille à son savoir, pourrait-on dire, mais, en guise d’excuse, il fallait évoquer le fait qu’aucun examen qu’avait visé le jeune lord dans son existence, ne comprenait une partie cuisine, alors que le sport, la musique, et tout le reste étaient nécessaire à un cursus scolaire parfait.
Malheureusement pour Johannes, et heureusement pour Arthur, il n’était plus à cela près, et quelque soit la note que Liliany et lui finiraient par obtenir, ce serait bien fait pour les Luminaere.
En effet, Arthur n’avait jamais été particulièrement friand de la confrérie dans laquelle il était contraint d’étudier, et ce pour des raisons qui lui étaient propres : trop de contraintes, et surtout, c’était d’un ennui monumental. Voilà pourquoi il n’avait fait, depuis deux ans, que de très menues apparitions dans l’existence de Johannes, sans compter le fait qu’on l’ait, pendant un certain temps, enfermé sans scrupules derrière une barrière de médicaments.

« Oui, c’est évident. Enfin, non pas vraiment. Personne ne peut aller parfaitement bien tout le temps. Alors ce n’est pas réellement une évidence. Mais qu’est-ce que tu entends par … en théorie ? »

Arthur lança un regard amusé à la jeune femme. N’allez pas croire qu’il avait comprit le début de sa phrase, ce serait le surestimer, il n’avait à vrai dire pas prit la peine de l’écouter, trop occuper à se demander qui serait assez fou pour oser avaler un « écrasé de choux fleurs et chèvre aux herbes » Mais il trouvait particulièrement intéressant le fait que la petite blonde ait placé toute sa confiance dans les compétences de Johannes. C’était… mignon.
Enfin, jusqu’à ce qu’elle se mette à lui serrer le bras comme si elle avait en main une de ces petites boules relaxantes en mousse, ce qui obligea le jeune homme à se baisser afin d’écouter ce qu’elle avait à dire. Rappelons que notre jeune homme n’était pas, jusqu’aux dernières nouvelles, fait de polyuréthane, et que son bras pouvait ressentir la douleur.

Bon sang, cette fille était totalement désaxée.

Alors que les autres groupes, s’étaient précipités sur les outils de cuisine, étaient en train de mélanger des ingrédients en ayant l’air particulièrement concernés par ce qu’ils faisaient, Arthur, lui, devait faire face à une fille proche de la crise de panique, ce qui était mauvais signe. Levant les yeux au ciel, visiblement agacé, il lâcha un soupir en croisant le regard de la responsable du jury, qui visiblement l’avait prit en grippe, et, malgré l’envie folle qu’il avait de laisser pleurer Liliany, ne serait-ce que pour voir comment la vieille saurait gérer une crise, il posa ses mains sur les épaules de la jeune femme, et se mit à la secouer légèrement pour la calmer -Elle s’était mise à réciter du Baudelaire.

« Bon »

Puis, il se pencha vers elle de manière à plonger son regard assuré dans celui de la jeune femme qui commençait déjà à se remplir de larmes.

« Ça n’est nullement de ta faute si tu ne sais pas cuisiner ». Enfin, lorsqu’il y pensait, si elle avait choisi de s’inscrire à cette épreuve sans savoir cuisiner, c’était sans doute de sa faute. Mais bref. Il ne savait d’ailleurs pas non plus comment elle avait été mise au courant de la présence de Johannes à cette épreuve, alors que lui-même l’ignorait peu avant. Mais sans doute que lui poser la question lui vaudraient une réponse interminable, alors que ça n’était pas son problème -mais celui l’autre, vous l’aurez comprit. « La cuisine, ça ne doit pas être si différent que ça de la chimie, il suffit de faire des mélanges précis d’ingrédients précis… Quoi qu’il arrive, songe que ce qui arrive dans cette pièce restera dans cette pièce » Ou pas. Enfin bref, jouer les bons samaritains, c’était un peu fatiguant sur les bords, et cela ne lui ressemblait absolument pas, d’autant plus que Johannes aurait lui-même été dans un état proche de la crise de nerfs en se retrouvant dans cette situation… Heureusement qu’il était là : Arthur, patron des causes perdues.

« Bon, à présent, lavons-nous les mains, et tentons de nous mettre au travail. Avec un peu de chance, tu n’auras pas à ‘dévorer ton cœur de dépit’, et je n’aurais pas ta mort sur la conscience » joignant le geste à la parole, il retira sa veste et la glissa sur un porte manteau qui se trouvait derrière eux, attrapa un tablier qu’il glissa autour du cou de la jeune femme qui paraissait tout de même sacrément sonnée, et, après avoir passé celui qui lui était destiné, glissa ses mains sous l’eau chaude et entreprit de lire les indications de la recette dans le petit livret joint au menu.
« C’est plutôt simple, il suffit de laver, d’éplucher, de faire cuire puis d’écraser les choux-fleurs… Puis de les mélanger au chèvre »
Enfantin, à priori. Restait à distinguer les choux fleurs du reste.

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MessageSujet: Re: How to cook a good meal? {pv}   Sam 13 Déc - 0:53

[c'est pas terrible désolée... je ferai mieux]

Surement parce qu’elle venait de passer ses nerfs sur le bras du Johannes dont la patience et le sang froid pouvait paraître suspect, Liliany se sentait rassurée bien qu’elle se maudissait toujours d’avoir été, encore une fois, aussi stupide. S’inscrire à une épreuve culinaire quand on ne sait manier que la fourchette, ‘y pas plus débile. Heureusement pour elle, Lord Andersen dans toute sa classe se montrait gentleman, rassurant, protecteur. Le prince charmant à côté de lui aurait eut des allures de gueux.

En réalité Liliany se moquait de la finalité du concours. Elle faisait partie de ces loser, heu pardon… de ces joueurs, qui pensent que l’important est de participer. Ce qui avait pour effet de diminuer considérablement la déception en cas de défaite et permettait également de ce munir d’un fairplay exemplaire. Son principal soucis résidait dans le fait qu’elle allait une fois de plus se taper la honte, devenir source de moqueries, pointé du doigt et ridiculisée et qu’elle allait entrainer Johannes dans sa chute. C’est vrai qu’ils étaient deux dans cette galère et le mieux était de se serrer les coudes. Liliany prenait en considération les conseils du garçon et l’écoutait avec une attention particulière comme si chacun de ses mots apportaient une solution à leur problème. A une époque elle aurait surement éprouvé toutes les peines du monde à se maitriser pour s’empêcher de lui sauter au cou pour lui voler un baiser ou lui baver sur les joue. Aujourd’hui, il en était autrement. La jeune femme prit une profonde inspiration pour se calmer, ravalant ses larmes. Liliany hocha la tête aux dires de Johannes qui commençait à retrousser ses manches pour se mettre au travail. Un peu gauche et perdue Liliany s’approcha de l’évier au bout du plan de travail mais revint sur ses pas comme si elle avait oublié quelque chose -son tablier-, tituba en manquant de se cogner contre son binôme qui s’apprêtait à lui passer sa tenue de cuisinière. Elle cilla, surprise de cette attention en observant Johannes, et une fois ses mains lavées elle les tenues jointes l’une à l’autre dans la posture d’une religieuse ou bien de celle d’un chirurgien qui s’interdit de toucher quoique ce soit avant une opération délicate. « C’est plutôt simple ». Liliany ne pu s’empêcher d’arquer un sourcil, peu convaincue. Non pas qu’elle doutait des compétence de Johannes mais elle savait que lorsqu’on prononçait ce genre de formule, c’était dans l’unique but de se rassurer soi-même. Alors que Johannes énumérait les différentes étapes, la blondinette attrapa un chou-fleur et le plaça au centre du plan de travail après l’avoir frotté sous l’eau. Elle le prit et ouvrit le four pour le mettre dedans. Elle se stoppa et hésita en regardant Johannes. Elle remplit une casserole d’eau à raz bord, mit un peu de flotte partout – arrosant ses chaussures et celles de Johanne au passage - jusqu'à la poser sur les plaques. Elle récupéra le chou dans le four.

Ca me semble plus logique comme ça. Bon, maintenant fromage*. Je sens qu’on forme une bonne équipe, toi et moi. Et désolée pour tes chaussures. Elle jeta un œil au menu et fronça les sourcils. On va puer le fromage avec tous ces plats. En plus j’aime pas le chèvre.


Liliany se remontrait boudeuse. Le seul fait qu’elle n’aime pas le chèvre n’était pas l’unique raison. Elle se rendait compte que la suite du menu était de plus en plus difficile. En tant que Green Spirit elle reconnaissait les ingrédients mais elle ignorait par exemple comment faire une sauce. La transformation relevait pour elle d’un cube magique. Alors que Johannes s’occupait du fromage, elle quitta les mains du petit pianiste qu’elle fixait depuis un moment pour s’interessait aux autres participants. Les plus proches étaient deux jumelles brunes à lunettes. Très pro, très rapide. On aurait dit de la cuisine artistique et les odeurs qui s’élevaient, les couleurs de leur petits plats faisaient saliver Liliany. Il était hors de question qu’ils perdent pourtant c’était bien partit pour.

Allez Johannes ! On ne se laisse pas abattre. On représente Cambridge ! Fait gouter ton truc …


Elle s’appuya sur lui mais l’odeur du chèvre un l’effet d’un répulsif. Elle lui tapota l’épaule, comme s’il s’agissait d’une brave bête avec un petit sourire qui en disait long.

Non, heu… je te fait confiance. Je passe à la suite.
Elle prit le morceau de bœuf et le lâcha lourdement devant elle avec une grimace de gamine qui vient de trouver un ver de terre.
Je ne suis pas végétarienne mais…tu te rends compte que c’est un morceau de cadavre de bœuf qu’on va cuisiner ? Quand on y pense c’est plutôt crade, non ? Regarde...
Elle enfonça ses doigts dans la chair rouge de l'animal qui se meurtrie sous la pression des phalanges de la petite blonde.

*mot dit en français
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MessageSujet: Re: How to cook a good meal? {pv}   Sam 13 Déc - 22:54

La cuisine. Vraiment pas son truc. Liliany, qui visiblement avait retrouvé un minimum de sang-froid, avait finit par découvrir le chou-fleur parmi une myriade d’ingrédients étalés sur leur plan de travail, et avait donc prit la tête des opérations. Le jeune homme s’était donc mit à l’observer s’agiter autour de lui. Elle venait d‘ouvrir le four et d’y glisser un légume. Il resta quelques secondes perplexe, croisa le regard de Liliany qui l‘était aussi, et qui, après quelques secondes de réflexion, avait entreprit de remplir une casserole d’eau, sans que l’anti-lord n’ait fait le moindre mouvement, fasciné par la manière dont elle mouvait, à la fois hésitante et assurée. Très étrange, donc, cette fille.

Alors qu’elle bougeait la casserole, un brusque mouvement envoya une rasade d’eau sur les pieds du jeune homme.

« Oh, ce n’est rien » Dit-il avec un demi-sourire, avant de se pencher en avant, et de retirer lentement ses chaussures vernies qu’il posa derrière eux, en dessous du porte manteau. Puis, tout aussi calmement, de glisser à nouveau ses mains sous le robinet d’eau chaude. Après tout, se laver les mains était sans doute la chose la plus facile en cuisine, il n’allait pas se priver pour en abuser…
Hum. Attendez. Vous avez bien lu. Johannes Arthur Andersen venait d’ôter ses chaussures. Bon.

C'était parce que c'était plus confortable, pieds nus. D'ailleurs, cela pouvait presque passer inaperçu, puisque les chaussettes du jeune homme, étaient de couleur noire.

« Voilà, c'est beaucoup mieux ainsi... On étouffe, dans cet endroit »

Attrapant le fromage de chèvre que la jeune femme lui tendait, il le déballa, le posa sur une planche de bois, et s’arma un couteau. Hum. Qu’était-il supposé faire, au juste? Peut-être écraser le fromage. Peut-être le couper en morceaux, d’abord.
Arthur était lunatique. Certes je-m’en-foutiste de nature, il trouvait que la cuisine n’était pas ce dans quoi il voudrait se diriger plus tard. Pourquoi pas le poker… savait-il jouer aux jeux d’argent? Hum. C’était fort possible. La tête baissée, il était en train de broyer le fromage de chèvre. Le temps passait, mais rien n’avait changé : il ne s’était pas découvert un génie caché de la cuisine.

« Mais qu’est-ce que je fiche ici, déjà? » Murmura-t-il pour lui-même, alors qu’il faisait glisser le fromage dans un saladier. C’était fort frustrant de ne pas être capable de cuisiner. Il ne s’amusait même pas. Et cela, c’était encore plus frustrant : il détestait réagir comme Johannes l’aurait fait. Et il ne pouvait même pas partir, au risque de voir la vie privée de l’autre étalée aux yeux du grand public par ce type. Duty. D’ailleurs, il aurait pu passer son temps à chercher sa véritable identité, tiens. Et lui faire payer.

Allez Johannes ! On ne se laisse pas abattre. On représente Cambridge ! Fait goûter ton truc …


Le jeune homme ne releva pas la tête, redevenu lui aussi maussade.

Non, heu… je te fait confiance. Je passe à la suite
.


La suite : un pavé de viande particulièrement ragoûtant. Non, mais sérieusement, il ne comprenait pas pourquoi tous les personnages de romans qu’avaient lu Andersen prenaient un plaisir particulier à mélanger des ingrédients tout en chantonnant. Certes, un délicieux parfum commençait à emplir la pièce, mais ne provenait certainement pas de leur table.

Je ne suis pas végétarienne mais…tu te rends compte que c’est un morceau de cadavre de bœuf qu’on va cuisiner ? Quand on y pense c’est plutôt crade, non ? Regarde...


Ça n’était que de la viande. Un animal mort. Un cadavre, oui, c’était le moins que l’on pouvait dire.

« Plein de protéines » aurait dit Johannes. Lui, le marmonna, presque pour se convaincre lui-même.

Il planta son couteau dans le chou qui cuisait. Cela entrait comme dans du beurre… Ce devait être cuit. Attrapant le manche de la casserole, il versa l’eau dans l’évier, manquant d’y faire tomber le légume. Puis, il fit tomber le chou-fleur (et le reste de l’eau), dans le saladier où l’attendait le fromage, et… Rien. Enfin, si. La fumée s’élevait au dessus du saladier, une odeur agressive de légume vint chasser toutes les autres dans la pièce (en tous cas dans leur coin de cuisine), et, après avoir observé la chose durant quelques secondes, Arthur, s’armant d’un fouet, se mit à écraser le chou-fleur avec un certain plaisir, le mélangeant ainsi avec le fromage. Amusant. Un sourire satisfait apparu sur son visage.
Manquait plus que les herbes.

« Je crois qu’à défaut de faire un repas de luxe, nous pourrons peut-être parvenir à un résultat… Visuel convainc… »

Il s’interrompit. Son regard venait de se poser sur la petite blonde et son pavé de Rumsteck qui semblait presque l’hypnotiser.

« Je vais tenter de m’en occuper… Tu couperas les échalotes »

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MessageSujet: Re: How to cook a good meal? {pv}   Lun 15 Déc - 1:01

Heu… qu’est-ce que …

Ses petits yeux bleus écarquillés, elle fixait Johannes en train de se déchausser. Johannes prenait ses aises. Adieux la bienséance… ça ne ressemblait pas du tout à Johannes. Et Liliany s’en voulu d’avantage de l’avoir arrosé, comme si quelque part elle était coupable de ce comportement. Elle jeta un œil aux alentours pour voir si quelqu’un d’autre qu’elle était témoin de l’événement surnaturel qui se produisait juste sous ses yeux. Mais les autres candidats étaient trop absorbés par leur petits plats pour prêter attention à ce qui se passait à la table des cuisinier en herbes de Cambridge. Elle cessa de l’observer sans discrétion quand il releva la tête, clignant des yeux comme si l’image de Johannes qui retire ses chaussures avait collé sa rétine.
Et alors que Johannes s’occupait du chou, Liliany défiait le pavé de viande crue et sanguinolent. Ce n’est pas un morceau de bœuf qui allait l’impressionner… non ? Liliany s’imaginait l’animal vivant. Il avait une robe chocolat et gambadait avec insouciance dans un décors bucolique parmi papillons et marguerites, sous un ciel bleu. Une musique de parc d’attraction américain en fond sonore. La brave bête était heureuse, oreille et corne au vent printanier. Peut-être même qu’il avait un nom, genre Bobby ou Billy et qu’il était le plus aimé de tous les bœufs… Qu’était-il advenu du reste du corps, comment en était-il arrivé là ? Bon on lui dit ou pas pour l’abattoir ?

Ce fut la voix mélodieuse du Johannes sans chaussures qui la sortie de ses rêveries. Il avait beau être un peu différent de ce qu’il était habituellement, il n’en avait visiblement pas perdu sa galanterie et son côté prince-attentionné. Liliany céda sa place volontiers, c’était mieux pour elle et pour Bobby. Elle s’arma d’un couteau à son tour et saisit une échalote de l’autre main pour la coupé en petit morceau.

Heureusement qu’t’es là… T’imagine si j’avais été seule avec Bobby… heu avec le bœuf, je veux dire ça là ? De toute façon j’aurais craqué bien avant. C’est cool de savoir qu’on peut compter sur quelqu’un pour nous remonter le moral. Tu sais si ça va pas je suis là, moi. Tu peux tout me dire. Je te dis ça parce que, je dois t’avouer que je te trouve particulièrement bizarre. T’es un peu plus … beaucoup moins … bref t’es pas comme d’habitude. Je ne te connais certes pas en profondeur, mais je sais pour t’avoir souvent observer du temps d’Harper quelles sont tes petites manies et tes habitudes. Le Johannes que je connais ne se serait jamais présenté avec un nœud de cravate comme le tien par exemple. Quelque chose te tracasse ?

Tout en faisant son diagnostic sur l’état de Johannes, Liliany avait coupé deux échalotes en petits morceaux. Elle les avait ensuite mit dans une casserole avait ajouté du beurre et de la crème qu’elle avait énergiquement mélanger pour avoir la texture d’une sauce. Ensuite le poivre qui lui avait fait faire une petite grimace avec son nez et enfin le sel, dosé avec une main un peu lourde. Elle surveillait son mélange avec une moue dubitative. Tout en attendant que Johannes réponde à ses inquiétudes à son sujet. Elle se risqua à gouter. Le verdict fut clair au travers d’une grimace de dégout. Les poings sur les hanches elle réfléchissait à l’ingrédient qui faisait défaut. Dans un sens Johannes avait raison, la cuisine avait quelque chose de chimique… mais Liliany était aussi nulle en chimie qu’en cuisine.

Je crois que j’ai confondu le sucre et le sel … avoua t’elle.

Ce qui lui valut le ricanement et des deux candidates adverses les plus proches. Liliany leur fit face, le regard sombre et peu crédible dans le domaine de la menace. Elle tenta de rattraper le plat en ajoutant le sel au sucre, en remuant encore un peu. En ajoutant des épices pour tuer ce gout sucré et laissa reposer sur le feu. Tout en reprenant la parole elle se mit à éponger l’eau qu’elle avait déversé avec un chignon qui n’était pas prévu a cet effet. Puis elle l’abandonna en se tournant vers le ténébreux et étrange jeune homme.

Tu sais Johannes, je t’aime beaucoup. Et en ce moment t’as pas l’air au top de ta forme. T’as lu la chronique de Duty ? Je t’ai connu moins guimauve … Ca sent le bruler…
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MessageSujet: Re: How to cook a good meal? {pv}   Mar 16 Déc - 0:38

Le chou-fleur est une plante de la famille des Brassicacées, cultivée comme plante potagère pour son méristème floral hypertrophié et charnu, consommé comme légume. Légume. Vraiment. Cette chose qu’il venait de broyer était. Fut un légume. Quelque chose de comestible. Pourtant, cela ne lui paraissait pas particulièrement consommable. Pourtant, il n’avait rien contre les légumes, mais habituellement, ça ce n’était pas lui qui les cuisinait. Il comprenait pourquoi la cuisinière de sa tante était aussi mince. Elle ne mangeait pas ce qu’elle cuisinait. Le rumsteck est une pièce de viande de bœuf. Il fait partie de l'aloyau, tout comme le filet et le faux-filet du boeuf. Situé dans la hanche de l'animal, on peut noter une valeur calorifique élevée, comparée aux autres morceaux du boeuf, et une teneur en protides et lipides dans la moyenne d'une viande de boeuf mi-grasse. Ces notions de culture générales lui revenaient à l’esprit alors qu’il s’était attaqué au morceau de viande qui paraissait tant écœurer la petite blonde. Merveilleuse chose que celle d’être Johannes. L’on savait toujours quelque chose sur tout, même lorsqu’on l’ignorait soit même.
« »

Se trompait-il où elle était en train de tenter de le pousser à la confidence? Certes, il n’avait pas été omniprésent dans l’existence de son Autre, mais assez pour être sûr, ou presque, que Liliany et lui n’avaient jamais été, pour ainsi dire… Proches.

« Tu m’observais donc lorsque nous étions à Harper? » demanda-t-il un sourire que l‘on pourrait qualifier de moqueur au coin des lèvres, alors qu’il entreprenait de saler la viande. Il ne prenait pas la peine de feindre dévier la conversation, étant réellement intéressé par le sujet. Répondre à une question par une autre, c’était tellement mieux que d’avoir à se répondre en explications bredouillantes. C’était vrai que, maintenant qu’il y pensait, cette fille avait toujours eu un faible pour Johannes. N’était-ce pas elle qui lui avait fait l’aveu d’avoir dérobé les biens les plus inutiles du jeune homme alors qu’ils étaient au lycée. Bien sûr, l’Autre ne s’était rendu compte de rien, beaucoup trop enfermé dans son monde pathétique et désolant. Mais Arthur était là à présent.

S’armant d’un couteau de boucher, il avait entreprit de couper la viande en tranches horizontales. Enfin, c’était plus facile à dire qu’à faire, et il faisait les choses particulièrement lentement, agacé par ces cheveux qui commençaient à envahir son visage. N’avait-il pas déjà songé à les couper? Il serait temps, maintenant.

« Je crois que j’ai confondu le sucre et le sel »

Il en aurait rit si il n’était pas en train de s’escrimer avec la viande. Et si, accessoirement, il avait été sur de ne pas faire ce genre d’erreur. Mais de la table qui se trouvait à coté de la leur s’éleva un ricanement qui déplut au jeune homme. Un regard noir fut envoyé aux jumelles qui auraient certes pu faire des binômes beaucoup plus efficaces de Sturgess, mais qui en l’occurrence étaient dans le camps de Lindwald Bennett, à savoir l’ennemi public numéro un dans le corps et l’esprit d’Andersen.

« Et si vous vous occupiez de vos oignons, pitoyables petites… » Oups. Il se coupa en se rendant compte qu’effectivement, cela n’était pas quelque chose que Johannes aurait sortit. Et même si, en l’occurrence, il se doutait bien que Liliany n’irait pas le répéter (à qui pourrait-elle bien aller raconter le comportement de Johannes de toutes manières?), il y avait des chances que le petit Lord ne survive pas à une deuxième disqualification. « … Cuisinières »

« Tu sais Johannes, je t’aime beaucoup. Et en ce moment t’as pas l’air au top de ta forme. T’as lu la chronique de Duty ? Je t’ai connu moins guimauve … Ça sent le brûlé… »

Il fallait savoir que le jeune homme avait commencé à poser les lamelles de viandes au fur et à mesure qu’il les posait sur une poêle qu’il avait posée sur le plan de travail. Qu’il ne savait pas si il devait ajouter ou non de l’huile, et qu’en se souvenant que le rumsteck était une viande relativement grasse, il n’en avait mit aucune. Et que la dernière phrase de Liliany parvint si bien à détourner son attention, qu’il releva la tête, prêt à riposter. Peut-être que le sort ne permettait pas à quiconque d’être méchant avec la petite blondinette qui faisait des déclarations bourrées de sentiments à tire-larigot, car alors qu’il ouvrait la bouche, la lame de son couteau vint entailler la chair située entre le pouce et l’index de la main droite du jeune homme.

« Bon sang! »

C’était le cas de le dire : alors qu’un flot d’hémoglobine s’échappait de la main du jeune homme, un épais nuage de fumée noire s’échappa de la poêle où grillait la viande, formant autour de lui une certaine image de mini apocalypse qu’il aurait trouvée charmante si il n’en avait pas été la victime directe.

Cela faisait un mal de chien.

Il allait sans dire qu’il n’avait aucune chance pour qu’il continue cette épreuve ridicule. Sa main. Blessée. La mâchoire serrée et le regard meurtrier, Andersen, sans se soucier de la fumée, glissa la main sous le robinet, qui décidemment se trouvait au centre de l’action.

Imaginez seulement qu’il se soit coupé un tendon? Vous imaginez Johannes jouer du piano avec une main handicapée?

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MessageSujet: Re: How to cook a good meal? {pv}   Jeu 18 Déc - 17:53


« Tu m’observais donc lorsque nous étions à Harper? »


Liliany remarqua le sourire moqueur de Johannes et sa bouille de blondinette écervelée vira au rouge écarlate. C’était génant comme situation et elle s’en voulu d’avoir été bavarde. Elle en avait trop dit, mais était si habitué à en parler sans honte qu’elle en avait presque oublier que Johannes pouvait peut-être y trouver quelque chose de risible. Ce qu’elle ignorait c’est qu’il n’était pas le seul à en rire. Si Liliany observait Johannes du temps d’Harper ?!? Elle le fliquait, connaissait son emploi du temps par cœur, lui volait ses affaires comme s’il s’agissait d’objet d’art pour parfaire sa collection. Alors qu’en réalité ce n’était que bouteille en plastique, stylo, gomme, écharpe… peigne. Ce dernier objet qu’elle avait gardé comme un vestige d’un amour enfouit et perdu à jamais sous un flou de larme qu’elle avait longtemps versé en prenant conscience que jamais son égoïste de petit Lord ne lui accorderait un sourire autre que ce sourire moqueur qu’il arborait à présent.

Bien sur crétin que je t’observais à Harper. Non mais t’es aveugle ou complètement débile ? Combien de petits mots il aurait fallut que je t’envoie pour que tu le remarque ? Mon journal intime de mes années de lycée pourrait s’intitulé Une journée avec Johannes Andersen et toi tu ose me demander si je t’observais lorsque nous étions à Harper ? Je t’en foutrais moi des observations, espèce d’insensible, sans cœur ! C’est ça, moques-toi. T’as plus que ça à faire !

- Heu… bah … non, enfin pas spécialement, je … j’avais…tu vois. Et puis de toute façon c’était le lycée, c’est du passé alors… n’en parlons plus.

Se justifia t-elle de manière bredouillant, peu clair et d’une voix à peine audible. Sa première pensée était pourtant claire, même si quelque peu agressive. Est-ce cette explication qu’elle aurait du donner de vive voix ? Peut-être. Liliany avait tellement souffert de cette addiction. Mais heureusement elle avait obtenu du changement dans sa vie, de quoi l’occuper pour oublier. Londres, Cambridge, Bhô, l’affaire Duty, les Green Spirit. Johannes avait fait son chemin un peu plus loin, sans qu’elle n’y jette un œil curieux et amoureux sans cesse. Maintenant elle était passée à autre chose. Alors peut importe l’explication donnée, enfin de compte. Liliany replongea son nez dans ce qu’elle faisait. Le sujet de conversation ce n’était pas elle mais Johannes. Comment ce garçon parvenait-il à se défaire aussi facilement de l’attention sans que Liliany ne s’en rende compte ?

Johannes était surprenant. Et même si la jeune femme avait envie de l’étrangler en secret, elle devait admettre qu’il la surprenait toujours. Alors qu’il venait de se moquer d’elle, avec son sourire narquois et sa question à la con, il prenait à présent sa défense contre les jumelles-cuisto. Incompréhensible. Et les envies de meurtre de Liliany à l’égard de son binôme s’envolèrent comme souffler par une brise nouvelle. Il devenait son sauveur…
Pitoyables petites… Allez Johannes du cran. Balances quelques chose qui claque, un truc viril, comme une réplique de film dont on se souvient toute la semaine. Autant vous dire que Liliany fut déçue en entendant le timide, retenu, poli, délicat « cuisinières ».

La conversation avait reprit. Liliany avait retrouvé son aisance en matière de blahblah futile et suivait les gestes de Johannes sans cesser de parler. Mais c’était une conversation et non un monologue alors naturellement le garçon voulu répondre et par un manque de concentration évident, il se coupa. A la vue du sang, les yeux de Liliany s’agrandirent. Elle s’écarta pour lui laisser le chemin libre jusqu'à l’évier. Des commentaires inappropriés s’élevèrent dans le coin des jumelles moqueuses mais Liliany ne s’en occupaient plus. Elle déplia un torchon propre et tira Johannes par la manche.

C’est inutile ce que tu fais. Ta main, donne.

Ordonna t-elle, directive et anormalement autoritaire. Sans même attendre que le Lord daigne lui tendre sa blessure, la petite infirmière enveloppa la main dans le torchon qui se tacha de sang à une vitesse qui parut démesurée au yeux de la petite blonde. Elle compressa la plaie de toute ses forces. L’agitation avait suffit pour ameuter le jury.

Vous avez terminé ?

Demanda la vieille cuisinière qui avait une dent contre Johannes. Elle comprit vite que l’équipe de Cambridge était loin d’avoir finit et ne finirait surement jamais compte tenue de la situation. Il était difficile de savoir si elle était vraiment désolée pour Johannes ou qu’elle se moquait du sort qui les disqualifiait de toute évidence.

- Voilà ce qui arrive quand …
- Bon écoutez, sans vouloir vous manquez de respect, l’heure n’est pas vraiment aux leçons de morale, ok ?
Elle se tourne vers Johannes.
Mets tes chaussures on s’en va.

Liliany fit le tour du plan de travail mais la cuisinière se posta devant elle, genre : Il faudra me passer sur le corps.
- Et où comptiez vous …
- A l’infirmerie !!! hurla Liliany, si fort que les rares regards qui n’étaient pas encore tourné vers elle furent contraient de lui jeter un œil.
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MessageSujet: Re: How to cook a good meal? {pv}   Sam 20 Déc - 19:06

« N’en parlons plus ».

Peut-être que si Liliany avait dit de vive voix ce qu’elle avait pensé de manière si violente que ça en était presque palpable, Arthur aurait pu réagir. Comment? Pas en rougissant et bégayant comme le jeune homme l’aurait fait en temps normal, se répandant en excuses pitoyables. Mais avouez qu’apprendre que Liliany avait ressentit quelque chose d’aussi fort pour Johannes l’aurait changé de toutes ces batailles dans lesquelles le jeune lord s’engageait dès qu’il tombait amoureux. Souvenons-nous de Cicely Jeckyll et de l’obsession d’Andersen à prendre possession de son cœur, et de Kitsuné Xanda, aujourd’hui, qui paraissait être éternellement insatisfaite de Johannes malgré les efforts de ce dernier qui se pliait à chacun de ses désirs. Ces filles n’avaient jamais engendrées la moindre once d’affection chez Arthur, qui ne les estimait pas à la hauteur de Johannes. Mais apprendre que quelqu’un l’avait aimé (ou cru l’aimer?) au point de collectionner le moindre des objets qu’il abandonnait aurait peut-être démontrer à cette personnalité seconde qu’Andersen n’était pas un cas désespéré.

Mais comme ces mots ne se matérialisèrent jamais dans la bouche de Liliany Sturgess, et qu’Arthur, ayant presque oublié la question aussitôt celle-ci prononcée, s’était absorbé dans l’activité qui lui était imposée, tout ceci n’eut pas l’impact qu’il aurait pu avoir dans leurs deux vies.

Et la suite, nous la connaissons.

Lorsque la lame avait entaillé sa chair, la première chose qu’il avait pensée, était le piano. Une espèce de flash-back retraçant les jours, les heures passées à s’entraîner sur un clavier, à tenter des partitions de plus en plus compliquées, jusqu’à pouvoir être capable de corriger son professeur. Et… Ok, Johannes, tais toi. Car bien évidement, il était toujours présent, bien plus qu’à l’accoutumée, victime de la colère dans laquelle cette journée l’avait plongée, et refusait de revenir à la surface, se cachant derrière son autre lui, sans le savoir. Après tout, Arthur était là pour souffrir à sa place, c‘était pour cela qu‘il était apparu, non? Mais quand bien même. C’était fort prenant, d’être deux dans un même corps, et cela obligeait à un combat intérieur perpétuel. En l’occurrence, il n’avait pas le choix. Il était obligé de voir sa main en sang, de sentir sa chair lui lancer des appels au secours brûlants, et sa bonne humeur de s’émousser au point de disparaître complètement, si bien qu’il fut à deux doigts d’aller faire avaler aux deux autruches de la table adjacente leur filet mignon.

Mais Liliany, le tirant de la semi torpeur dans laquelle l’avait glissée la vision du sang qui se mêlait à l’eau, si prenante qu’elle lui en avait presque fait oublier sa douleur, lui tira la manche pour attirer son attention.

« Qu’est-ce que… »
« C’est inutile ce que tu fais. Ta main, donne. »

Écarquillant les yeux, surprit par le ton soudain autoritaire de la jeune femme qui avait paru au feu pianiste comme étant incapable d’autre chose que d’exclamations ravies ou de balbutiements timides, il se laissa faire. Il n’avait pas le choix, lui semblait-il, et alors qu’elle s’activait avec un torchon, tentant de faire cesser le flot de sang, il s’était mis à l’observer à travers la barrière de cheveux qui lui tombaient à nouveau sur le visage.

« Aïe! » Le jeune lord grimaça, alors qu’elle pressait la plaie. Bon sang, vous n’imaginez même pas dans quelle position il se trouvait. Il avait l’impression d’être ce jeune écolier à qui on avait confié un œuf de caille pour qu’il en prenne bien soin, et qui s’était arrangé pour le casser ou le perdre dès la sortie des cours. Par cette comparaison, comprendre que Johannes était l’œuf de caille, ou qu’en tous cas, il avait tout de la fragilité d’une coquille. Il était de son devoir à lui, Arthur, d’en prendre de soin, de cette carapace, et même si il n’avait à priori de compte à rendre à personne d’autre que lui-même, il se sentait plutôt coupable d’avoir peut-être privé son protégé d’une des seules choses qui le passionnaient réellement. Voilà pourquoi il se laissa faire, étonné par cette petite chose qui donnait des ordres comme si il était un grand blessé qu’il fallait faire évacuer sur le champ, et qui n’avait plus rien de la blondinette gazouillante à laquelle il avait eu à faire depuis qu’il était entré dans cette pièce. Ces sourcils froncés et cet air autoritaire lui donnaient un air tout à fait différent, voire même, séduisants.

Oh, mais attendez. C’était impossible. Son style, à Arthur était totalement à l’opposé de celui de Johannes. Les petites brunes antipathiques qui pensaient diriger la planète à force de piques glaciales n’étaient absolument pas sa tasse de thé. Les filles plates comme des limandes n’avaient absolument rien pour lui plaire, et encore moins lorsqu’elles étaient des petites choses timides qui n’avaient aucune idée de ce qu’une manœuvre de séduction pouvait être. Donc, il ne trouvait pas Liliany séduisante. Touchante, peut-être, mais…

Vous avez terminé ?


Oh, grands dieux, la vieille avait fait son grand retour à leur table. Il était étonnant qu’elle ne soit pas venue plus tôt s’enquérir de l’état des dégâts qu’ils avaient provoqués. Tournant d’un geste sec le bouton de la cuisinière d’où un épais nuage de fumée s’échappait, elle poursuivit :

- Voilà ce qui arrive quand …

- Bon écoutez, sans vouloir vous manquez de respect, l’heure n’est pas vraiment aux leçons de morale, ok ?

Malgré sa douleur, sa conscience et le reste, Andersen ne pu empêcher un large sourire d’apparaître sur son visage qu’il gardait toujours baissé. Il était fort étonnant de voir cette fille à priori totalement inoffensive se mettre sur la défensive de cette manière, alors qu’à peine une heure plus tôt, elle était prête à fondre en larmes par crainte d’une expulsion.

Mets tes chaussures on s’en va.


Il attrapa ses chaussures italiennes, sans pour autant les mettre, les gardant dans sa main valide, suivant la jeune femme, admiratif. Il n’avait plus rien à dire à la cuisinière en chef du jury, laquelle s’était faite envoyer promener par Liliany Sturgess, un jour qui sans doute marqué dans les annales.

Et puis, avant de franchir le seuil de l’entrée des cuisines, ses chaussures d’une main, son bras bandé ramené vers sur sa poitrine de l’autre, il se retourna, et adressant un sourire à Mrs Fintsburg (car tel était son nom) et lâcha un « Au revoir, Madame, Bon appétit* », dans un français parfait.

Voilà, en ce jour où la folie régnait en maître, l’on pouvait déclamer officiellement qu’Arthur Andersen était un pitre.

Une fois dans le couloir, les deux jeunes gens se mirent à avancer en silence pendant quelques secondes, au bout desquelles il prit la parole.

« Tu sais, Liliany… » Ô, certes, il aurait pu la remercier d’avoir ainsi pu les sortir de cet enfer qu’était ce cours de cuisine, voire même de la serrer dans ses bras pour lui témoigner sa reconnaissance, mais les derniers mots qu’avait sortie la jeune femme avant de quitter la grande pièce métallisée avaient commencés à l’inquiéter. Après tout, malgré le fait que sa main lui faisait un mal de chien, il préférait souffrir durant deux semaines, risquer que sa plaie s’infecte, et de se perdre sa main droite, que de se retrouver coincé entre une femme en blouse tenant une aiguille, et un mur blanchâtre.

« Il est hors de question que je me rende à l’infirmerie »

Mais non, il n’avait pas peur… Simplement, il avait assez donné dans le médical, il y avait trois ans, n’est-ce pas? Cela peut vous rendre phobique, ces choses là.

« Peut-être pourrions-nous… faire autre chose. A la place. Je crois que ton bandage suffira » poursuivit-il en levant sa main blessée, sur laquelle on pouvait voir très distinctement une tache de sang s’élargir au fur et à mesure qu’ils avançaient…

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MessageSujet: Re: How to cook a good meal? {pv}   Dim 21 Déc - 2:11

Non, désolée, Johannes ou Arthur ou qui que tu sois dans cette enveloppe physique dont la plastique ne laisse personne indifférent. Pas de grande révélation dans cette cuisine au milieu de l’odeur de morue, d’oignon et de fromage. Liliany venait de clore la discussion. Le contexte idéale pour de tel aveux n’y était pas, le courage non plus alors on ne pouvait s’attendre à rien venant d’elle. Ce n’était donc pas aujourd’hui que les rapports Liliany Johannes allaient prendre un quelconque nouveau tournant.

L’épreuve de cuisine était devenu laborieuse même pour une Liliany enthousiaste à l’idée de faire quelque chose tout simplement. Il n’était plus question pour elle d’apprendre à mélanger les ingrédients, de découvrir de nouvelles saveurs et de nouveaux parfums. L’heure était à la parlotte. Une activité dans laquelle Liliany excellait. S’il y avait eut une épreuve de ce genre, Cambridge était bon pour une victoire certaine avec une arme secrète telle que Sturgess. Mais cette dernière paraissait déçue par le déroulement catastrophique de l’épreuve. Les moqueries des jumelles, ses gaffes, Johannes qui la mettait mal à l’aise et le sang, le sang … En une seconde la situation avait définitivement changé, comme quoi l’instant présent tient à peu de chose. Johannes n’était pas en danger de mort mais la petite blonde se sentait envahie par un instinct protecteur envers lui. Est-ce cette grimace de douleur qu’il avait et qui le rendait encore plus mignon qu’il l’était déjà. Sadique Liliany ? Ouais bah on l’est tous un peu, non alors ça va, pas de commentaires. Elle avait eut les réflexes d’une petite infirmière. Compresser la plaie pour stopper l’hémorragie, garder son sang froid, emmener le blessé rapidement aux soins. Rien ne perturbait même pas le Aïe douillet du jeune Lord. Elle lui adressa un simple regard neutre alors qu’en tant normal elle se saurait excusé de sa brutalité obligée... Liliany était concentrer sur la protection de son petit œuf.

La cuisinière, Mrs Fintsburg, tombait décidément très mal. Ce faire rembarrer par un étudiant devant tout le monde était déjà assez humiliant en soi. Mais se faire rembarrer par l’étudiant le plus chiffe-molle de tous l’était deux fois plus. Liliany Sturgess, celle que n’importe qui pouvait remettre à sa place sans trop d’effort, cette même Liliany qui chialait pour un oui ou non, oui cette Liliany là, venait d’hurler sur Mrs Fintsburg, la reine de la tourte, aigrie et désagréable au possible. Le monde à l’envers.

Liliany était toute rouge, elle sentait son cœur battre dans ses tempes et si Mrs Peau-de-vache avait insister pour les faire rester elle ignorait comment tout cela aurait finit. Elle se sentait capable de tout. Un peu d’adrénaline n’a jamais ait de mal personne…
Mais une fois dans le couloir la pression redescendit. Elle prit une profonde inspiration pour retrouver son calme.

Non mais pour qui elle se prend celle là ? Je l’avais dit, j’en étais sûre. Dès le début… Je suis nulles en cuisine. Cette épreuve c’était pas pour moi. J’aurais au moins pu apprendre les bases avant de … Je suis trop nulle. Nulle… nulle…

« Tu sais, Liliany… »

Johannes venait de se réveiller et de la réveiller simultanément. Elle se rendit compte qu’elle avait gardé son tablier et le retira en se tournant vers le blessé. Elle ne savait pas trop à quoi s’attendre mais certainement pas à des remerciements. Elle n’avait rien fait pour en mériter si ce n’est une sortie remarquée. Elle fixa Johannes perplexe. Ce dernier refusait d’aller à l’infirmerie, ce qui était stupide puisqu’il se vidait de son sang. Liliany, pour l’avoir partiellement soigné savait qu’il avait de besoin de soin plus approfondis. Elle regarda son bandage de fortune puis la tête de Johannes.

Il est hors de question que quoi ?…Heu… tu n’es pas sérieux ? Non, non, non. Ce n’est pas un bandage, c’est un torchon imbibé de sang. Tu saigne Johannes, tu t’es ouvert la main. Alors, ne fais pas l’enfant ou arrête de jouer les durs et tu vas gentiment venir avec moi à l'infirmerie. Tu sais très bien que tu en as besoin. Et après et seulement après on fera autre chose si tu en as envie.

Après s’être montrée agressive, elle devait maternelle. Infantilisant presque le grand Johannes, elle ne céderait pas et se mettait déjà en route pour l’infirmerie et tenant le garçon par le bras comme si elle craignait qu’il allait s’enfuir en courant. Il n’avait, aux yeux de la blonde, aucune crainte à avoir. Elle était là avec lui et rien ne pouvait lui arriver ( mouais…). S’il voulait se mettre dans la peau de ces types qui balancent : Même pas mal. après s’être fait arracher le bras, Liliany trouvait ça stupide. Elle savait qui était Johannes et ce genre de comportement était peu crédible venant de lui.
Ils arrivèrent à l’infirmerie où il furent accueillit par une jeune irlandaise qui parlait d’une voix perchée et s’adressait à Liliany et son blessé comme s’ils avaient eut à eux deux dix ans. Liliany lui expliqua l’affaire de manière claire en oubliant volontairement de parler de Mrs Fintsburg.

Faites moi voir ça, mon garçon. On va s’occuper de vous. Ne craignez rien, c’est moins grave que ça en à l’air.

Elle installa le grand brun sur un tabouret et sortie de quoi le soigner après avoir jeter le torchon de cuisine. Liliany était resté tout près assise sur un lit au draps tendu, elle balançait ses jambes dans le vide, le regard poser sur Johannes. Impossible de savoir quand elle l’avait dans sa bouche, mais elle mâchait un chewing gum avec une élégance bovine.
Tout en faisant son travail, l’infirmière faisait la conversation. Elle aurait pu rivaliser avec Liliany et qui sait peut-être que dans dix ans, Liliany ressemblerait à ça. Infirmière un peu nunuche qui parle, parle et parle en aidant les gens. La petite blonde lui répondait volontiers.
Oui ils étaient pour les Olympiades ( quo d’autres ? ), ils étaient de Cambridge… Une conversation sans but précis mais qui avait pour but de meublé l’instant. Liliany l’aurait bien fait mais elle s’inquiétait trop pour Johannes pour être d’humeur badine.

Voilà, mon grand. Grâce à votre petite amie la plaie à été facile à soigné. Ne mettez pas votre main sous l’eau aujourd’hui et soyez prudent la prochaine fois.

Liliany hocha la tête l’air déconcerté et descendit dans un bon de son perchoir. Elle remercia l’infirmière et quitta l’infirmerie. Elle qui s’attendait à faire sagement de la cuisine avait eut une après-midi plutôt agitée.

Tu vois, ce n’était pas si terrible que ça… elle était sympa l’infirmière et puis ta blessure n’est pas "Si grave que ça" pour reprendre ses propos. Je ne sais pas pour toi mais moi ça me rassure. Ca aurait été nul si tu … pour ta main et tout…
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MessageSujet: Re: How to cook a good meal? {pv}   Lun 22 Déc - 1:51

Personne ne s’occupe de Johannes Arthur Andersen comme ça. Personne.

Ça n’est pas une pensée larmoyante pleine de trémolos. Il n’y a aucune note émue dans cette affirmation. C’est un fait, et simplement cela. C’est une phrase qu’Arthur Andersen aurait pu sortir si il en avait eu la possibilité. Une phrase qu’il aurait peut-être même pu proclamer d’un ton qui aurait rappelé celui des héros trop musclés des grandes productions américaines, ceux là mêmes pour lesquels le quotient intellectuel n’a d’égal que les répliques, et qui disposent d’une musculature supposée renvoyer toute une société secrète de voyous méchamment armée dans ses pénates aussi vite qu’il n’en faut à certains pour faire un devoir de trigonométrie selon la formule du binôme de Newton, soit exactement une heure et demie (bon, ne soyons pas avare sur le temps, disons deux heures, en cas de fatigue).
Heureusement, la culture d’Andersen ne comportait pas ce genre de détails surjoués. De toutes manières, l’occasion de la déclamer ne lui fut pas donnée. Cela n’était qu’une coupure. Rien d’important. Ou peut-être bien que si, mais pas de là à en informer les autorités supérieures, rien qu’il ne puisse pas pouvoir gérer avec un peu de coton, de l’alcool, et du sparadrap. Et seulement lorsqu’il en aurait eu le temps. Non, il n’était bien évidemment pas un martyr, seulement, lorsqu’on donnait à Arthur la chance de pouvoir jouir de ce corps qui n’était à lui que pour de très rares moments, il aurait voulu ne pas perdre le temps qui lui était impartit dans un endroit dont le seul nom parvenait à lui donner des sueurs froides. Plein de contractions, on vous l’avait dit.

Il est hors de question que quoi ?…Heu… tu n’es pas sérieux ? Non, non, non. Ce n’est pas un bandage, c’est un torchon imbibé de sang. Tu saigne Johannes, tu t’es ouvert la main. Alors, ne fais pas l’enfant ou arrête de jouer les durs et tu vas gentiment venir avec moi à l'infirmerie. Tu sais très bien que tu en as besoin. Et après et seulement après on fera autre chose si tu en as envie.


Hum. Lui, jouer les durs? Pff n’importe quoi. Marmonnant quelque chose qui aurait pu être comparable au grommellement d’un gamin âgé d’entre six et dix ans, il se laissa entraîner par le bras. Oh, certes, il aurait pu tourner les talons et aller s’exiler on ne savait où dans l’immense château d’Ashford, voire même s’arranger pour se faire disqualifier d’une nouvelle épreuve, car on ne disait jamais deux sans trois. Mais non. Il se laissa faire, Liliany ayant visiblement une capacité à faire ressortir son puer aeternus (« enfant intérieur », selon K.G. Jung). Et puisque Arthur était logiquement en opposition avec tout ce qui faisait Johannes, cela paraissait plutôt évident qu’il ne sache plus vraiment comment réagir en cette circonstance bien précise, qui serait qualifiable de territoire inconnu. Sans compter que sa main était si ensanglantée que le jeune homme avait l’impression de l’avoir trempée dans une bassine pleine d'eau, ce qui en soit n’était guère rassurant. Ce dernier argument suffit à le convaincre qu’il serait sans doute judicieux de suivre les ordres conseils de Liliany.

Voilà donc pourquoi et surtout comment ils se retrouvèrent tous deux dans l’infirmerie du château d’Ashford. Lorsque l’infirmière, que nous appellerons Colleen, vit arriver sur son lieu de travail ces deux énergumènes, elle ne put empêcher de lever un sourcil, amusée. Il fallait dire aussi que le château d’Ashford, qui était environ 320 jours dans l’année occupé par de vieux diplomates en quêtes d’activités sportives rassérénantes telles que le golf, ou le squash, ne voyait pas aussi souvent qu‘elle le voudrait de la jeunesse cérébrée dans ses murs. Une petite blonde qui traînait à sa suite un garçon déchaussé à l’allure négligée, cela n’était pas commun.
Ainsi, malgré le fait qu’il n’appréciait pas vraiment les institutions médicales, étant du genre à penser que « c’était bien quand c’était loin », Arthur s’était effectivement retrouvé entre une infirmière et un mur blanc, mais que la légère angoisse qui lui était montée à la gorge (tout le monde à ses faiblesses, que voulez vous) avait été atténuée par la présence de Liliany Sturgess qui échangeait avec Colleen toute une série de paroles dont il ne cherchait pas à comprendre le sens. Toutes deux émettaient des sons comparables au pépiement des oiseaux au printemps, ou à la Grande Valse brillante de Chopin.

Voilà, mon grand. Grâce à votre petite amie la plaie à été facile à soigner. Ne mettez pas votre main sous l’eau aujourd’hui et soyez prudent la prochaine fois.


Si bien que le jeune homme ne s’était presque pas rendu compte du sort que l’on faisait à sa main, que dis-je, à l’organe vital du pianiste que Johannes était.
Esquissant un sourire, presque gêné d’avoir à reconnaître que Liliany Sturgess avait eu raison, et pire, que ses réticences s’étaient avérées sans fondement, il quitta son tabouret, finit par remettre ses chaussures, et se dirigea vers la sortie, suivit par la petite blonde qui paraissait pensive.
On l’avait prise pour sa petite amie? Il était évident qu’aucune des petites amies qu’avaient eues Johannes n’auraient agies de la sorte, et c’était peut-être cela qui était troublant. Ce qui avait failli être un drame, voire même une tragédie qui aurait pu attirer les grands titres de la presse régionale irlandaise, des titres du type « Un étudiant de Cambridge se suicide après s’être rendu compte que sa main, celle là même qui lui avait permis d’arriver premier au prestigieux concours de Genève il y a quelques années, ait été entaillée par un inconny. Jamais elle n’aurait pu retrouver son agilité, et ses sonates n’auraient été que de simples balbutiements de débutants. Il paraîtrait que le coupable n‘est autre que lui-même, mais des enquêtes sont en cours.», n’avait rien été de plus qu’un simple incident qu’elle avait réparé aussitôt.
Si il n’avait pas été aussi pragmatique, et évalué le rapport poids/taille/piaillement de Liliany Sturgess, qui annonçaient que théoriquement un tel être vivant ne pouvait pas émettre autant de paroles à la seconde, il aurait pu la hisser au stade d’héroïne. Mieux, encore, maintenant qu’il y pensait, cette fille n’était rien d’autre que la petite amie idéale pour Johannes, cette infirmière avait raison. Elle ne lui balancerait pas d’ouvrages de médecine au visage lorsqu’elle était en colère, ne coucherait pas avec un sombre individu de l’université rivale, et encore moins avec son demi-frère. Elle paraissait parfaite pour le rôle qu’Arthur voulait lui donner, et après tout, son propre plaisir n’avait rien à faire là dedans. Johannes devait se débarrasser définitivement de Kitsuné Xanda, et tomber amoureux de Liliany Sturgess, et cela, c’était sa nouvelle mission.

Tu vois, ce n’était pas si terrible que ça… elle était sympa l’infirmière et puis ta blessure n’est pas "Si grave que ça" pour reprendre ses propos. Je ne sais pas pour toi mais moi ça me rassure. Ça aurait été nul si tu … pour ta main et tout…


Repoussant de sa main valide les cheveux qui s’égaraient depuis un long moment sur son visage, afin de dégager son front, il posa ses yeux d’un bleu plutôt sombre sur Liliany Sturgess et sourit, plus pour sa nouvelle lubie que parce qu’il se sentait soulagé que sa main soit presque de nouveaux opérationnelle.

« Oui, tu avais raison, en effet » Et ce, même si il ne comptait pas non plus se rendre à l’infirmerie tous les jours. Sa haine pour ce genre d’endroit n’avait pas disparue. « Mais n’en parlons plus. N’avais tu pas dit que nous ferions autre chose après? ». Ainsi, voici la première phase de son plan. J’ai nommé : le test. A) Liliany est-elle véritablement digne de Johannes ou n’est-elle qu’une très fine manipulatrice, vénale, voire même vulgaire dans l'anonymat?
Comment? Si il était complètement paranoïaque? Hum. Possible. Mais que demander d’autre à une personnalité divisée?

Ils s’étaient mis à marcher dans le couloir, en direction d’on ne savait où. Soudain, il s’arrêta, et vint se planter devant la jeune femme. Glissant son regard dans le sien, il dit alors : « Laisse moi te remercier, Liliany Sturgess. Je te suis redevable, et si tu as un souhait, laisse moi essayer d‘y répondre »

Arthur, passant du coq à l’âne. Cela devait être effrayant, d’un point de vue extérieur. A l’intérieur, cela était plutôt rassurant. Est-ce que Johannes voudrais bien regagner son poste à présent? Visiblement, pas encore.

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MessageSujet: Re: How to cook a good meal? {pv}   Mar 23 Déc - 0:55

Finalement c’était trois fois rien et Liliany en était ravie puisque pour rien au monde elle ne souhaiterait le malheur du petit Johannes ni de personne d’autre d’ailleurs. En bonne camarade, elle avait le sentiment d’avoir accomplie une bonne action en cette après midi d’hivers. Parfait Liliany, Elle avait un grand cœur et petit cerveau sera surement ton épitaphe. Revenons à la réalité. Elle venait de se faire virer, ou plutôt de déclarer forfait à une épreuve d’Olympiade. Mrs Finstburg avait prit un malin plaisir à écrire en lettre rouge capital : Eliminés en face de leurs noms. Surement elle en subirait les conséquences quand Qiang s’en rendrait compte ou alors c’est Duty qui rirait d’elle dans l’une de ses chroniques particulièrement cinglante. Les retombées seraient lourdes, très lourdes. Alors maintenant on fait quoi, parce que c’est bien beau de sauver le petit doigt éraflé de cette chochotte d’Andersen mais maintenant on est pas dans la merde. Liliany, certes pas en ces termes, mais se rendit compte quand même qu’elle risquait peut-être gros. Croyez-vous que cette prise de conscience suffit à la faire planter Johannes dans le couloir, courir en cuisine, demander pardon à la vieille Fintsburg et tenter de finir le menu comme elle pouvait dans le court lapse de temps qui lui restait ? Non ! Cette stupide blonde suivait les conseils des princesses Disney : écoute ton cœur et demain le soleil brillera toujours. De quoi pousser la voix de sa conscience au suicide. – qu’on m’apporte un corde et un tabouret.

Cet après-midi était un après-midi gâché, du temps perdu à prouver une fois de plus que Lilianouille était une quiche. Son expérience en cuisine ne lui avait rien appris et au sortir de l’épreuve, inachevée rappelons le, elle était toujours aussi inapte à faire cuir un rumsteak. Désespérante mais heureuse, heureuse d’avoir passé un moment Johannes, Liliany se moquait pas mal d’avoir des connaissances en cuisine. Elle regrettait un peu d’avoir échoué à l’épreuve culinaire, mais ce n’était rien comparé à ce petit plaisir qu’elle avait de marcher au côté du Lord. Du temps d’Harper elle serait devenu surement intenable et aurait tout retranscrit jusqu’au moindre soupire de cette entrevue rarissime, à la manière d’un ornithologue face à un oiseau rare, genre espèce en voie de disparition. Heureusement que grâce à un travail sur soi et de longues heures à s’endurcir un peu Liliany pouvait enfin agir normalement dorénavant quand elle était dans le secteur du Johannes sauvage et ainsi ne pas l’effrayer. L’ancienne Liliany nous aurait assurément plongé dans un ridicule pathétique et grotesque qui aurait rendu la situation plus que gênante.

Elle resta même de marbre quand l’infirmière discoureuse l’avait prise pour la petite amie du garçon qui avait faillit perdre un pouce. Prenant une certaine distance face à cette méprise, elle ne l’avait même pas relevé. Johannes filait le parfait amour avec la terrifiante mais non moins jolie Kitsuné Xanda. Tout le monde le savait. Et Liliany s’était dit en l’apprenant qu’elle n’était décidément pas faite pour les pianistes aux mèches rebelles qui parlaient des molécules comme s’il s’agissait de mots de poésie. Ce genre de garçons aimait les Amaryllis, les filles cultivées, distinguées. Les filles populaires et sûre d’elles. Les Cicely Jekyll, les Kitsuné Xanda, Brooklyn Brown… Liliany avait bien pensé se teindre en brune et apprendre des théories physiques par cœur mais Bhö avait fait son entrée dans sa vie et … ouf… on avait échappé aux livres barbants et aux teintures foireuses. Liliany était restée blonde et ignorante du mystère des formules écoeurantes.

Elle s’était remise à parler pour ne rien dire par pur instinct. Elle ne s’adressait pas vraiment à Johannes, mais un peu quand même, et regardait le sol en progressant vers on ne sait où, à travers le long couloir. Johannes lui répondait sur le même ton vague qu’elle empruntait créant ainsi une homogénéité dans leurs répliques qui formaient une conversation un peu mollassonne. Et soudain il changea de registre. Sir Johannes voulait se distraire et visiblement il demandait à Liliany une idée intéressante pour activité qui le satisferait. La jeune femme haussa les épaules avec nonchalance ou timidité, avec cette fille on ne sait plus trop à force.

Oui, c’est vrai. J’ai dit qu’on ferait ce que tu voudras une fois passé à l’infirmerie. Après tout c’est toi qui a faillit perdre l’usage de ta main, pas moi. C’est ta journée alors si tu as envie de faire quoi que ce soit…
Mais alors qu’elle regardait ses chaussures elle percuta Johannes. Rien de brusque, la vitesse à laquelle elle avançait ne le permettait pas, mais elle fut surprise de le voir en face d’elle.

Laisse moi te remercier, Liliany Sturgess. Je te suis redevable, et si tu as un souhait, laisse moi essayer d‘y répondre

Là, Liliany ne savait pas trop comment réagir. Elle se sentit rougir et déglutit avec difficulté avant d’esquisser un sourire gêné. Elle poussa gentiment Johannes de son passage. Il était très… présent. Ce qui était tout à fait inhabituelle. Elle avait passé ses années de lycéenne à lui courir après. A tenter de croiser son regard, de lui échanger un prompt bonjour, ce qui était presque impossible puisque monsieur était constamment ou presque occupé à ses affaires qui ne laissaient pas de place pour un peu (beaucoup) de bavardage avec Liliany. Et là, il était avec elle à lui demander de passer du temps ensemble, prêt à réaliser ses désirs… Cette journée était franchement bizarre. Moi je dis restons prudents jusqu’au lendemain. Elle lui lança un regard inquisiteur. Est-ce qu’il se moquait d’elle ? Allait-il une nouvelle fois lui faire ce petit sourire narquois ? Il y avait des chances, sans vouloir jouer les parano. Et puis comment savoir ? Johannes était tellement changeant et de ce fait imprévisible.

C’est gentil de ta part mais c’est démesuré. Je ne mérite pas tant. N’importe qui aurait la même chose pour toi. C’est normal, on laisse pas quelqu’un se vider de son sang sans rien faire. Et puis c’est un peu de ma faute si on s’est planté à l’épreuve culinaire alors disons qu’on est quitte. Te sens vraiment pas obliger de m’être redevable... je ne te demande aucune forme de reconnaissance.

Elle lui adressa un sourire amusé. Qu’est-ce qui pouvait bien se passer dans la tête de ce garçon ? Liliany aurait donné beaucoup pour le savoir, dans la mesure du possible. En attendant ils se retrouvaient là comme deux cons-damnés à l’ennui. Et même si cet ennui avait une douce saveur pour Liliany, elle devait se rendre à l’évidence que Johannes pouvait trouver l’instant amère. Alors elle se tourna vers lui avec un nouvel enthousiasme dont elle était souvent animée.

Quelle heures est-il ? On a peut-être encore la chance d’assister à la final du tournois de tennis en mangeant des bonbons et des barres chocolatées. Ca te dis ? C’est en ce moment même, je crois. Il y aura tous les gens du club pour défendre les couleurs de Cambridge.
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MessageSujet: Re: How to cook a good meal? {pv}   Mer 24 Déc - 3:08

Oui, c’est vrai. J’ai dit qu’on ferait ce que tu voudras une fois passé à l’infirmerie. Après tout c’est toi qui a faillit perdre l’usage de ta main, pas moi. C’est ta journée alors si tu as envie de faire quoi que ce soit…

Sa journée? Il failli partir d’un rire nerveux. Sa journée, oui, mais pas dans le sens le plus positif qui soit. Pas pour le pauvre Johannes en tous cas. C’est vrai que c’était sa journée, la pire que le jeune homme aurait passée si lui n’avait pas été là pour porter sur ses épaules le poids de sa fatalité. Penses-y bien, Arthur, il y a tout de même des chances pour que l’Autre ne soit pas du même avis. Cette journée était de celles qui donnaient envie de rester chez soi à siroter un thé à la camomille, enfermé à double tour à lire du Shakespeare pour se donner l’illusion de l’action, et surtout, le genre de journée où il valait mieux ne voir personne au risque que tout tourne mal. Il l’avait su, pourtant, Johannes, de cet étrange instinct dont il était habité depuis tout petit, qu’il aurait mieux fait de manquer cet avion pour se rendre en Irlande. Il y avait pensé, tout au long du voyage, alors que ses doigts osseux s’accrochaient nerveusement aux accoudoirs en viscose de l’avion, au grand dam de sa fiancée qui n’avait pas fait long feu avant de céder sa place à une de ses sous-fifres Luminaere, après avoir lancé à l‘une comme à l‘autre une de ces remarques agacée dont elle avait le secret.
Mais il était bien là, au royaume des tourbières à l’histoire étonnante, et si cette journée, était sa journée, il espérait bien qu’elle ne durerait pas trop longtemps. Pauvre Johannes qui parvenait tout de même à faire compatir un Arthur empoté qui lui n’avait certes que peu de raisons de se plaindre.
Mais bon. Notant mentalement qu’en plus du reste, cette Liliany Sturgess lui laissait le choix, il observa la jeune femme, rougissante réfléchir à sa réponse. Encore un élément de comparaison. Il était évident que cette jeune femme était aux antipodes des critères de sélection de Johannes. Kitsuné, rougir? Sérieusement, les rares fois où quelqu’un l’avait vu rougir, c’était de colère. Son enfant intérieur en aurait battit des mains.
Arthur se contenta d’esquisser un très léger rictus.

Soit, il y avait des chances qu’elle soit l’âme sœur de Johannes, mais ça n’était pas pour autant que ce dernier allait s’en rendre compte. Ils étaient dans le même établissement depuis des lustres, et c’était à peine si il avait été conscient de son existence. Rendez-vous bien compte qu’il ne pouvait pas laisser un message sur la table de nuit du corps qu’il squattait, sur lequel il aurait écrit « Johannes, Liliany Sturgess est celle qu‘il te faut. Fais donc fi de Mademoiselle Xanda! Bien à toi, Arthur. ». A la limite, dans son journal intime… Mais le lord n’en tenait plus depuis la disparition de ce dernier lors de leur dernière année de lycée. Cela ne lui arrangeait pas les choses.
Si préoccupé était-il qu’il entendit à peine la réponse de la jeune femme, et c’est le ton de sa voix, qui soudain venait de s’élever, qui fit revenir Arthur à la réalité.

Quelle heures est-il ? On a peut-être encore la chance d’assister à la final du tournois de tennis en mangeant des bonbons et des barres chocolatées. Ca te dis ? C’est en ce moment même, je crois. Il y aura tous les gens du club pour défendre les couleurs de Cambridge.


Non, sérieusement… Elle était faite pour l’Autre. Un tel goût pour trouver les activités les plus ennuyeuses possible avec un naturel qui frisait l’insolence, pour ceux qui n’étaient pas du même avis, j’entend. Levant les yeux au ciel, il avait reprit sa marche. Regarder un match de tennis tout en mangeant des sucreries. Qui faisait encore ça? Rien n’était plus mortellement inintéressant que de regarder ce sport, dont les jeux étaient souvent interminables, et où les joueurs étaient les seuls à s’amuser.

« Mh… »

Et puis, sincèrement, il se fichait de défendre ou non les couleurs de Cambridge. Et qu’Andersen fasse partie dudit club ou non n’y changeait rien. Ces individus n’étaient de toutes manières que des mauvais joueurs qui passaient leur temps à recompter les points.

« Non, je ne pense pas »

Inutile de dire qu’il n’était pas particulièrement doué pour feindre un intérêt là où il n’y en avait aucun. Désolé, mais ce Andersen-là avait autre chose à faire. Et puis, elle avait bien dit « si ça te dit ». Il n’avait donc rien à se reprocher…

« Mais je veux bien t’accompagner, si tu tiens vraiment à t‘y rendre. Tu pourras me parler de toi, en chemin… ce que j’ai manqué dans la vie de Liliany Sturgess ces dernières années. Nous pourrons même nous arrêter prendre tes… Sucreries, si cela n’inclus pas la case ‘cuisine’ » lâcha-t-il avant de jeter un coup d’œil à sa montre « Il est 16h30 »

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MessageSujet: Re: How to cook a good meal? {pv}   Sam 27 Déc - 18:26

Regarder le tournois de tennis. Manger des sucreries. Encourager une bande de mauvais joueurs. Il n’y avait que Liliany pour avoir des idées aussi chiantes. C’est que la petite blonde pouvait s’amuser même devant une partie d’échec à laquelle elle ne participerait pas. On n’a pas besoin de lui offrir la lune pour la rendre heureuse, un ballon rouge et une glace feraient largement l’affaire. Quoi que, ce n’est pas vraiment la saison pour les glaces, et même ça, je pense qu’elle ne vous en tiendra pas rigueur. Bref, l’idée de suivre la baballe jaune des yeux jusqu'à s’en donner mal au crane n’enchantait pas Johannes et Liliany s’en rendit rapidement compte à la façon qu’il avait eut de reprendre la marche. Elle grimaça. Au soupir sonore et songeur du garçon, c’était évident qu’il trouvait l’idée pourrie. Elle se tortilla les doigts gênée de cette proposition qui n’emballait personne à part elle. Mais dans son tact infini, Johannes lui proposa quand même de l’accompagner. Un vrai gentleman, bon à marié, un modèle de courtoisie et de bienséance. Un petit prince à l’état pur. Pas étonnant qu’il fasse parler de lui. Là ou d’autre aurait envoyé Liliany promener, lui prenait ses précautions pour lui dire gentiment sans la froisser que son idée était archi nulle. Il se sacrifiait même en étant prêt à affronter le terrible ennuis que présageait ce genre d’activité dans l’unique but de lui faire plaisir… Ah, Johannes. Sérieux, si tu n'existait pas ... Naturellement, Liliany ne se voyait pas faire subir au Lord quelque chose qu’il jugeait barbant. Alors qu’elle s’apprêtait à retirer cette idée du programme que leur permettait leur inattendu temps libre, Johannes reprit la parole. Qu’on la pince pour la réveiller. Johannes lui demandait de ses nouvelles ? … ce qu’il avait manqué de la vie de Liliany Sturgess ? La concernée cilla, battant des cils l’air perplexe. Quand je vous disais que cette journée était bizarre…

Tu sais, le tennis, c’était juste une idée on n’est pas forcé d’y aller si ça t’ennuis.

Ils progressèrent dans le couloir, inconsciemment c’est Liliany qui menait la marche. Après une trentaine de seconde à demeurer parfaitement muette, son naturel avait refait surface. Elle s’était lancée dans le récit de son séjour à Londres après sa réussite à Harper qui n’avait pas, disait-elle, produit un quelconque effet de fierté chez sa mère. Mme Sturgess était resté de marbre face à sa fille sautillante de joie à l’idée de quitter le lycée pour la coure des grands. Aucune déception n’avait traversé le visage de la jeune fille au moment de cette anecdote. Ce même sourire illuminait son visage. L’épisode à Londres avait des airs de visite touristique plus qu’une narration personnelle des faits. Liliany était assez douée pour ça. Elle mettait une sérieuse distance entre elle et les éléments de sa vie. Si bien qu’on aurait pu croire qu’elle était externe à tout ce qui lui arrivait, sans pour autant en être blasé. Elle était constante dans l’émotion qu’elle mettait : visiblement heureuse. Rien ne paraissait grave avec ses mots.
Au final rien de croustillant. Juste une énumération de musées visités, British Museum, Victoria & Albert Museum, Museum of London. Des restaurants, des fêtes, des cartes postales envoyées, de gens rencontrés. Le tout aurait endormit un hyperactif. Mais cette conversation n’avait pour but que de meubler le trajet jusqu’au petit salon de réception quasiment désert où Liliany cessa son allocution en se laissant tomber dans un épais canapé de cuir en soupirant.

Quel après-midi... J’aurais pensé qu’un moment avec toi serait plus calme. Comment va ta main ? Ca te fait toujours mal ? Je m’excuse d’avoir paniqué. J’ai tendance à tout exagérer, mais j’y travaille. Je me suis endurcit depuis Harper. Ca ne se voit pas encore mais j’ai fait d’énorme progrès. Bientôt je saurais aussi ferme et imperturbable que Kenzie ou …
Elle se plaqua la main sur la bouche.
Tuez-moi, je n’arrête pas de parler. Une vraie pipelette. Tu peux m’arrêter, tu sais. Tu voulais qu’on discutes alors je t’écoutes. Parles moi de toi. Quand on y réfléchis bien, tu es un mystère pour tout le monde. Ton apparence et tes manières mettent tout le monde d’accord, mais qu’en est-il au fond ? Qui est vraiment Johannes Arthur Andersen ?

Qui c’est ce mec ? Une question qui a souvent tambouriné la cervelle de la blondinette groupie et amoureuse qui le suivait partout à Harper. La réponse n’était évidemment pas déposée sur le goulot ou dans le fond des bouteilles d’eau minérale entamées par le mystérieux brun. Ni même dans le parfum laissé dans son écharpe. Les stylos dérobés ne révélaient rien à ce sujet. L’ensemble ne faisait que qu’attacher Liliany un peu à un amour sans aucune consistance et qui au final lui fit plus de mal que de bien.
Sans rancune, sans lamentation, Liliany continuait à affectionner ce spécimen et lui parlait maintenant comme un ami, voir même une connaissance qu’elle ne connaissait pas tant que ça.
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MessageSujet: Re: How to cook a good meal? {pv}   Dim 28 Déc - 4:28

« Tu sais, le tennis, c’était juste une idée on n’est pas forcé d’y aller si ça t’ennuies. »

C’était trop… mignon. Évidemment que cela l’ennuyait. L’activité idéale serait pour lui de planifier , puis mettre en oeuvre l’assassinat de Kitsuné Xanda, histoire d’être sûr qu’elle ne fasse plus de mal à Johannes. Ou de mettre la main sur ce Duty et de lui faire avaler le rumsteck indigeste qu’il avait été contraint de cuisiner. Mais chacun savait qu’aucun de ces souhaits ne serait réalisable, car que la vie était pleine de contrariétés. C’était simple, si l’homme avait été doté d’imagination, c’était uniquement pour se rendre compte de toutes les possibilités qui auraient pu s’offrir à lui si il n’avait pas eu la bêtise de se les interdire. ‘La liberté des uns s’arrête là ou commence celle des autres’. Balivernes. La plupart des plus belles choses avaient d’abord été interdites. Non que le meurtre et la torture en fasse partie, mais avouons qu’ils auraient pu avoir un effet particulièrement apaisant sur la conscience du Lord. Hélas, ça n’étaient que des pensées, et sa réalité à lui consistait à écouter les babillements d’une blondinette qu’il allait sans doute devoir côtoyer plus que de raison, pour son propre bien.
Mais si, au début de sa narration, il ne l’écoutait que d’une oreille distraite, son attention fut captée par quelques mots clés qui rappelèrent le jeune homme à sa propre réalité. Ou du moins, disons, à celle de Johannes. Liliany paraissait être capable de déballer sans retenue des choses qui pourtant l’avaient sans doute pas mal heurtée.
Comme si, finalement, cela n’avait pas d’importance, ou était arrivé à quelqu’un d’autre qu’elle, petite chose enjouée qui décidemment était plutôt intrigante lorsqu’on s’y penchait avec plus d’attention. Elle se livrait à lui, ou plutôt à Johannes, comme si était pour elle un ami intime, et ce dernier n’aurait été en aucun cas capable de raconter sa propre existence sur un ton aussi anodin. C’était même une évidence, et ce, il le savait sans même l’avoir essayé.

Lorsqu’elle s’assit sur le fauteuil du salon presque désert, Johannes regarda autour de lui, étonné. Il ne s’était pas rendu compte du chemin parcouru tant il avait été occupé à l’écouter parler. Car oui, il s’agissait bel et bien de Johannes, l’unique, le vrai, revenu à lui-même sans même le réaliser. Sa colère avait-elle fini par se tarir au contact de Liliany Sturgess? C’était bien étrange, tout de même, et le jeune lord fébrile, tout en prenant place à ses coté, resserrait machinalement sa cravate de sa main valide.

Quel après-midi... J’aurais pensé qu’un moment avec toi serait plus calme. Comment va ta main ? Ça te fait toujours mal ? Je m’excuse d’avoir paniqué. J’ai tendance à tout exagérer, mais j’y travaille. Je me suis endurcit depuis Harper. Ça ne se voit pas encore mais j’ai fait d’énorme progrès. Bientôt je saurais aussi ferme et imperturbable que Kenzie ou …


Lui aussi, avait pensé son après-midi différemment. Au lieu de cela, il s’était vu agir sans pouvoir, ni vouloir faire un geste. Comme un spectateur qui regarderait sa propre vie à la télévision, et qui n’en aurait cure. Et à présent, il se retrouvait avec la main coupée, en compagnie d’une personne qu’il connaissait à peine, et qui lui avait fait des confidences très personnelles, et de surcroît embarrassantes, le genre de confidences dont lui-même serait incapable.

« Je ne crois pas que Kenzie Stewarts soit un exemple à suivre… » murmura-t-il la tête baissée, et les yeux posés sur sa main qu’il observait sous toutes les coutures, sentant sa peau brûlante le tirailler. Il se sentait épuisé, comme si il avait passé la journée à courir pour un marathon.

Tuez-moi, je n’arrête pas de parler. Une vraie pipelette. Tu peux m’arrêter, tu sais. Tu voulais qu’on discutes alors je t’écoutes. Parles moi de toi. Quand on y réfléchis bien, tu es un mystère pour tout le monde. Ton apparence et tes manières mettent tout le monde d’accord, mais qu’en est-il au fond ? Qui est vraiment Johannes Arthur Andersen ?


« Il » avait voulu discuter? Si Johannes avait pu plus ou moins suivre les périples de son autre lui, il était incapable d’en connaître les pensées, et si il ignorait pourquoi Arthur avait trouvé la jeune blonde assez sympathique pour pouvoir prolonger l’après-midi en sa compagnie, sans doute devait-il s’estimer chanceux que Liliany, à qui il n’avait pas adressé la parole depuis bien longtemps ne se soit pas rendu compte de son changement d’attitude.
Et si il se demandait comment prendre congé sans paraître déplaisant, les deux dernières questions de la jeune femme eurent pour effet de raviver les éléments désagréables qui avaient eu lieu dans son existence, dès lors cette dernière ayant inclus un facteur « sociabilité ». Johannes Arthur Andersen n’était pas moins qu’un individu excentrique qui ne parvenait à se faire aimer de personne, et qui allait de déceptions en déceptions. Si son parcours scolaire (jusqu’à ce jour, du moins) était irréprochable, on ne pouvait en dire autant de ses relations avec les autres êtres humains qui finissaient tous par l’abandonner, et ce, que ce soit sa famille, ou les personnes qu’il rencontraient. Mais malgré ce cœur gonflé de dépit, le lord qu’il était ne pouvait se permettre de se livrer ainsi à la jeune femme, dont la mère paraissait aussi froide que sa propre tante, et qui pourtant, avait réussi à garder aux lèvres un éternel sourire. Sa dignité, mais aussi des années passées à retenir ce qu’il avait au fond de l’âme, avaient déjà créées Arthur, et il lui qui était capable de disserter sur n’importe quel sujet, ne pouvait décemment pas trouver les mots suffisants pour décrire ce qu’il croyait être vraiment. Il aurait voulu lui dire qu’il enviait son éternelle bonne humeur, qu’il lui arrivait de plus en plus fréquemment de ne plus être parfaitement maître de lui-même, et ce, à cause parce qu’il ne prenait pas les médicaments supposés lui permettre de garder le contrôle de lui-même, qu’il était d’un pathétique évident de se complaire sur son sort, alors qu’après tout il n’avait lui-même plus d’obligations envers quiconque, et que ses parents étaient irréprochables, d’après les dires de sa tante.
Gêné, il sentit le rouge lui monter aux joues qu’il croyait heureusement cachées par cette chevelure abominable dont l’état présent ne devait être très décent. Cette fille devait tout de même avoir une mémoire monstre, pour se souvenir de son deuxième prénom après tout ce temps. Un silence s’installa alors qu’il tentait de récupérer, en vain, son sang froid, puis, tournant la tête vers la jeune femme dont la compagnie lui était si peu familière, il répondit alors :

« Johannes Arthur Andersen est... un individu très égoïste. Je m’excuse de t’avoir fait disqualifier des épreuves de cuisine, et aussi de… d’avoir été aussi désagréable il y a deux ans de cela, au gymnase du pensionnat Abraham Harper. C’était vraiment irrévérencieux. D’autant plus que tu vas sans doute pâtir de ma bêtise et que, loin de t’en plaindre, tu as pris de ton temps pour me faire soigner, ce dont je te remercie. »

Il se leva et, hésitant quelques secondes, tendit sa main valide à la jeune femme :

« Je dois à présent te fausser compagnie, mais sache que je tacherais de réparer mes erreurs »

Que comptait-il faire à présent? Assumer sa conscience et aller affronter le doyen qui sans doute était déjà au courant de son attitude de la journée.

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Nola Dakins
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MessageSujet: Re: How to cook a good meal? {pv}   Ven 2 Jan - 3:32

Dans les profondeurs de l'incompréhension, prise dans une valse dont la mesure changeait sans cesse, Liliany fixait ce point d'interrogation à l'élégance singulière. C'était à se demander si le jeune homme ne mettait pas tout en oeuvre de manière volontaire pour lui embrouiller l'esprit. Il y a de ces sadiques dans le monde qu'on aurait pas soupçonner. Monsieur Andersen faisait peut-être partie de ceux là qui pour une raison qui échappe à la majorité trouve un certain plaisir à dérouter ceux qui s'approche un peu trop de lui. Dès l'instant où Liliany avait l'impression de savoir ou connaître un trait de sa personnalité, les réactions du jeune garçon lui prouvaient le contraire. Ainsi Johannes demeurait ce point d'interrogation que rien ni personne ne pouvait atteindre. Liliany aurait du se transformer en chiffre ou en piano pour avoir l'attention du Lord afin de l'analyser de plus près. L'une de ses envies sécrètes dans sa vie de lycéenne était de faire passer un interrogatoire à Johannes avec lampe architecte pour l'impressionner, une salle sombre avec comme uniquement ameublement une table et deux chaises. Comme dans les films de détectives ou les suspects finissent toujours par avouer après avoir demander une clope. Bien évidemment Johannes était trop bien pour un vulgaire cylindre de tabac et s'il devait être accusé de quelque chose ce n'était que d'entretenir ce mystère autour de lui. Mystère qui, avouons le, faisait en quelque sorte son charme. C'est donc inévitablement que Liliany était attirée par ce truc que Johannes planquait. Et si à sa découverte, le charme était rompu ? Un risque que Liliany s'autorisait à prendre, d'autant plus que maintenant son coeur était à O'Sullivan ce poète absent, ce réalisateur en herbe et accessoirement petit ami pour qui elle vouait une profonde affection sans égale. Alors si par ailleurs les sentiments enterrés de mademoiselle Sturgess à l'égard de son Lord fantôme et fantasmé venait à pourrir ou se faire bouffer par les vers comme tout cadavres se doit de finir, et bien ça n'avait plus d'importance. Triste fin, certes, mais inévitable. Le chapitre Johannes était clos depuis son départ d'Harper ou elle avait appris son amour pour Cicely J., elle avait pleuré autant qu'elle en avait eut besoin. La page s'était tournée quand elle avait appris son attachement quasi-officiel avec Kistune X., ce qui avait finit pas l'achever complètement. Et elle avait pleuré ce qui lui restait à pleurer de larmes pour un Lord qui ne la méritait pas, d'après sa colère. Mais pas rancunière, elle était revenue vers lui en tant qu'amie. Alors je ne vois même pas pourquoi elle le fixe comme ça, en ce moment.

En voilà des manières, baisse le regard Sturgess. Tu vois, ça y est, tu l'as mis mal à l'aise. Regarde comme il change de couleur. Et voilà qu'il se met à parler de lui à la troisième personne, c'est ridicule et c'est de ta faute. Si tu avais posé ta question d'une autre façon, il n'aurait pas eut à parler de lui comme d'un tiers absent. En plus il remet cette histoire d'il y a deux sur le tapis. Ca, tu l'as cherché ma vieille.

Pour ce qui est de l'ensemble du discours que venait de déclarer Johannes impossible de savoir comment le prendre. Il changeait encore une fois de comportement. Liliany en aurait presque regretter la nonchalance dont il avait fait preuve un peu plus tôt. Il se levait, prenant congés de sa compagnie. Elle l'imita, comme un réflexe. Mesdames et messieurs c'était Johannes ! Elle hocha la tête devant cette main tendue vers elle, un petit sourire aux lèvres. C'était complètement absurde, ça n'avait pas de sens, elle ne comprenait rien à ce type et en aurait rit ouvertement si elle n'avait pas été si ... si Liliany. Personne ne change comme ça en clin d'oeil, personne mais Johannes oui.

Fais comme tu veux Johannes. Je te le répète, moi je ne te demande rien.

Ouuuh la menteuse ! Elle saisit la main du Lord et la serra à peine avant de la lâcher ( à regret ).

En le regardant s'éloigner elle fut prise d'une drôle de sensation. Comme une vieille chanson qu'on réécoute après longtemps. Mais le résultat n'était pas vraiment agréable car au lieu de se sentir plus proche du garçon après cette journée haute en couleur, elle se sentait au contraire à des années lumières de lui... y avait pas de quoi faire la gueule et pourtant Liliany tirait une moue boudeuse.


[The End]
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