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 Giddy Stratospheres - Melloy

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Orla O'Dombreuill

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MessageSujet: Giddy Stratospheres - Melloy   Dim 21 Déc - 1:34

Cinquième jour des Olympiades
Irlande, Château d'Ashford
21h10

Épreuve de théâtre.

Tous les élèves participant aux Olympiades d'Irlande venaient de sortir de table. Certains se dirigeaient vers le circuit de la course de voitures, les autres, les intellectuels semble-t-il, avaient pris la direction du théâtre - partie intégrante du château. Giulia trouvait le temps long certes, mais elle devait avouer qu'elle amusait et s'adonnait même avec joie aux épreuves les plus éprouvantes, mentalement parlant. Le matin même, on l'avait vu plancher un peu plus de quatre heures sur un sujet d'histoire-géographie - épatant. Sous ses airs de pimbêche illettrée, on vous l'a déjà dit et redit, se cache un véritable génie tant que son don pour les mathématiques ou tout ce qui relève de la science physique, ou de la chimie ne sont pas concernés.

Six élèves représentaient Cambridge Trinité à travers l'épreuve de théâtre, qui allait commencer sous peu. Gattina mise à part, il était très facile de distinguer Virginia Kintson la mal peignée qui, comme toujours, frôlait de peu la crise de nerfs et n'arrêtait pas de glapir. Comme un chiot. Il y avait Damian Brownwood, celui qui avait beaucoup trop de consonnes dans ses nom et prénom. L'américaine ne le voyait que de dos mais a priori, il était concentré dans ses exercices de relaxation, essayant sans doute d'entrer en contact avec les esprits des Green ou Bouddha, ou.. bref, on ne sait pas ce qu'il se passe dans la tête d'un Green. A ses côtés, Georgina Mac Faden, ou peut-être Georgia Mac Faden. Une Amaryllis, une fleur habituée à faire le wallflower, à passer inaperçue, occupée à réciter à haute et intelligible voix quelques répliques d'Ophélie, bien aimée d'Hamlet, à quelques mètres à peine des membres du jury. Il y avait un autre garçon, rongé par la nervosité, qui avait préféré rester à l'extérieur du théâtre. Giulia représentait bien évidemment Cambridge. Et Melloy J. également. Mais ce n'était pas une surprise, elle savait qu'il y participerait mais combien de chance qu'ils forment un binôme. Une chance sur trois, d'accord, ce n'était négligeable.

« Mademoiselle Gattina ? »
La principale concernée tourna légèrement la tête sur la gauche et y découvrit une femme entre deux âges, qui lui tendait un stylo bille
« Veuillez signer le registre »
Giulia observa quelques secondes son interlocutrice, avant de baisser le regard sur la feuille qu'on lui plaquait sous le nez. D'un geste mécanique, elle prit possession du stylo et signa. Un dixième de seconde plus tard, la seule membre féminine du jury partait à la recherche du sixième membre de l'équipe.

Trois chance sur trois, donc. C'était assez considérable. Ils s'étaient disputés, puis avaient rompu, avant de se réconcilier et essayer de rester en bons termes. Mais les bons termes n'étant pas définis, l'américaine avait un peu de mal à se tenir quand Melloy était en face d'elle. En résultait une atmosphère assez tendue, qui les mettaient tous les deux mal à l'aise. Disons que ce n'était pas la guerre, mais pas l'entente cordiale et s'éviter ne servirait strictement à rien.

Le silence s'abattit sur l'assemblée. Un homme barbu prit la parole, présentant l'épreuve durant quelques minutes, insistant bien sur son déroulement. Chaque binôme formé, par tirage au sort, de « deux élèves du même établissement » recevra un texte « déjà travaillé en cours, un incontournable du théâtre classique ».

« Nous accordons à chaque binôme quarante cinq minutes de préparation. Si le texte donné ne vous convient pas, vous êtes libres d'abandonner l'épreuve et de ternir l'image de votre université, vous êtes les seuls maîtres de votre devenir. Bon courage. »

« Cambridge, le tirage au sort se passe par ici » s'exclama une voix fluette. Une petite blonde, maigrelette, certainement assistante du jury ou volontaire, agitait à bout de bras une boîte cyclique transparente dans laquelle remuaient une demi douzaine de papiers oranges (pour les filles) et verts (les garçons).

Ce fut rapide.

Virginia se retrouva avec le type invisible. Georgia avec Damian et, surprise Giulia avec Melloy. La jeune femme reste stoïque, elle s'était préparée mentalement à une telle.. chute ? Déception ? Non, un léger sourire avait même fait son apparition sur son visage. Ce ne serait pas la première fois qu'ils seraient partenaires, de théâtre. Ils s'étaient déjà illustrés sur scène ensemble lors des années passées à Harper et il n'y avait pas de raison pour qu'ils essuient une ratée aujourd'hui. Tout mais pas de scène remplie d'amour guimauve rose bonbon dégoulinant et de sentiments mièvreux, et d'autres niaiseries.

« Joplin, Gattina, texte numéro trois » leur indiqua la femme entre deux âges en leur montrant une table ensevelie sous des tas de feuilles retournées.

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MessageSujet: Re: Giddy Stratospheres - Melloy   Lun 22 Déc - 2:09

Melloy aurait pu se rendre de bonne humeur à l’épreuve de théâtre si elle ne s’était pas dérouler en même temps que l’épreuve de conduite. Sérieusement, entre jouer une pièce à l’eau de rose, et faire une course de voitures déjantées, le choix était vite fait. Et puis, la liste des participants n’avait pas de quoi faire sauter ce pauvre Melloy au plafond. Ils avaient été menacer d’être bouffé tout cru en cas d’échec ? Parce que là, ils avaient l’air de jouer leur vie sur cette épreuve. Tous plus terrorisés les uns que les autres, révisant inutilement des textes, se rongeant les ongles, adoptant d’étranges positions de relaxations. Ils étaient si timides et discrets que Melloy ne connaissait aucun d’entres eux. Les organisateurs avaient pas trouvé mieux comme candidats ? Non, parce qu’à se rythme là, ils allaient tous s’enfuir en courant quand les projecteurs se braqueront sur eux.

Et puis, il y avait Giulia, occupée à signer le registre que lui tendait une membre du jury. Charismatique et sûre d’elle, et n’avait rien à envier aux autres participants. A vrai dire, c’était la seule qui semblait vraiment à sa place. Elle était la seule que Melloy connaissait. Et pour cause, ils avaient un lourd passé. Après avoir vécu une sorte d’amitié améliorées, ils avaient officialisé les choses. Puis Nathaniel est passé par là, et à brisé ce si jolie couple incestueux en batifolant avec la belle. Une « attirance mutuelle », comme elle lui avait si bien dit au cours des nombreuses disputes qui ont suivi. Au final, ils se sont plus ou moins réconciliés, et se sont depuis contentés de ne plus s’éviter. Dire qu’ils sont de nouveaux amis seraient assez loin de la vérité. Le simple fait de s’échanger quelques mots installent dans la pièce un climat tendu et particulièrement gênant. Ils évitaient donc de se parler tant qu’ils le pouvaient. Et ce soir, il y avait une chose sur trois qu’ils ne le puissent pas.

- Monsieur Joplin ? Signez le registre, s’il vous plaît.

Sans même regarder son interlocutrice, il s’exécuta.

Une chance sur trois de passer une soirée des plus désagréable en compagnie de ce qui semblait être la dernière personne qu’il avait envie de voir, et deux chances sur trois de tomber sur des personnes qu’il ne connaissait absolument pas, et qu’il n’avait pas la moindre envie de connaître. Quel programme !

Après cette réjouissante réflexion, un homme barbu expliqua longuement le déroulement de l’épreuve. Melloy n’écoutait pas, ne portant pas assez d’intérêt à l’épreuve pour s’y intéresser. Il imaginait déjà les autres rouler à toute vitesse dans leurs voitures. Il était sans doute en train de rater la meilleure épreuve de ces olympiades pour… ça.

- Cambridge, le tirage au sort se passe par ici.

Quelques secondes plus tard. Les binômes étaient fixés. La petite chance sur trois l’emporta : Melloy était avec Giulia. Dire qu’il était déçu serait un bien grand mot. Après tout, c’était elle ou une des deux autres filles névrosées. Et puis, c’était peut-être l’occasion de rétablir une sorte d’équilibre entre eux. Et puis au moins, avec elle, il avait une chance d’impressionner le jury. Maintenant qu’il était là, il avait bien l’intention d’entendre quelques félicitations. Il pourrait ainsi les considérer comme une consolation pour avoir rater l’épreuve de conduite. Ouais, parfois, il faut se contenter de ce qu’on peut avoir.

- Joplin, Gattina, texte numéro trois.

Il croisa quelques secondes le regard de sa partenaire, et constata avec horreur que la soirée s’annonçait aussi tendu que Melloy l’avait imaginé. Le simple fait de croiser le regard de Giulia le mettait mal à l’aise et lui donnait une furieuse envie de se cacher sous la table. Bon, d’accord, peut-être pas à ce point là. Mais vous avez compris l’idée.

Sans grande motivation, il se dirigea vers la table sur laquelle était posée leur texte. Un texte qui n’avait pas beaucoup d’importance, Melloy se sentait capable de jouer n’importe quel personnage. Sa seule exigence, en vue de la situation dans laquelle il se trouvait, serait de ne pas tomber sur un texte dégoulinant d’amour, et d’une niaiserie déconcertante. Il aperçut le verso d’une feuille recouvert d’un immense trois. Il la retourna et cru sérieusement faire une syncope. Roméo et Juliette, acte II, scène 2. Ils ont vraiment de l’humeur ces crétins qui servent de jury. La situation était suffisamment gênante pour se faire entendre. Au point où il en était, pousser un coup de gueule était son droit le plus entier. Il s’avança énergiquement vers la seule femme du jury, choisie au hasard, et plaqua violemment la feuille sur la table. Il était à une épreuve de théâtre, il avait bien le droit d’en faire trois fois trop.

- J’ai rien contre Shakespeare, vraiment, mais c’est Roméo et Juliette, merde ! Vous auriez pas pu faire preuve d’un minimum d’originalité et trouver quelque chose de plus intéressant à jouer ? Et vous étiez vraiment obligé de choisir des textes aussi guimauves ? Il serait peut-être temps que vous réalisiez que dans le théâtre, y’a pas que des trucs romantique à en crever. Et puis la seule du balcon, non mais sérieusement, vous avez pas trouvé plus cliché ?

Melloy stoppa quelques secondes son monologue, dans le simple but de reprendre son souffle. Il tendit le texte à Giulia, pour bien lui faire comprendre à quel point la situation était critique et attendit sa réaction. Il ne restait plus qu’à espérer qu’elle le suive dans sa rébellion, et qu’elle pousse à son tour un légitime coup de gueule. Roméo et Juliette, sans déconner…
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Orla O'Dombreuill

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MessageSujet: Re: Giddy Stratospheres - Melloy   Lun 22 Déc - 13:07

Avant même de commencer l'épreuve, Melloy et Giulia étaient confrontés à leurs plus grands démons : ils devaient jouer ensemble une scène mondialement connue et reconnue comme le moment le plus sublime, le plus romantique de la pièce, avec quelques envolés lyriques. En effet, le texte numéro n'était nulle autre que le script de l'Acte II, scène 2 de Roméo et Juliette. L'américaine faisait son possible pour ne pas croiser le regard de son ex petit ami, mais qui était son toujours cousin (ce qui était le plus drôle), mais il lui fallut arrêter et l'affronter. Au moins, sans même avoir à prononcer un mot, ils s'étaient mis d'accord : Joplin et Gattina ne pouvaient tout simplement pas jouer une telle scène, c'était indiscutable et Melloy l'avait bien compris. Il s'était avancé vers les membres du jury, plaquant le pauvre script sur la table.


« J’ai rien contre Shakespeare, vraiment, mais c’est Roméo et Juliette, merde ! Vous auriez pas pu faire preuve d’un minimum d’originalité et trouver quelque chose de plus intéressant à jouer ? Et vous étiez vraiment obligé de choisir des textes aussi guimauves ? Il serait peut-être temps que vous réalisiez que dans le théâtre, y’a pas que des trucs romantique à en crever. Et puis la seule du balcon, non mais sérieusement, vous avez pas trouvé plus cliché ? »

Melloy avait parlé, il avait extériorisé sa souffrance. La jeune femme s'était rapprochée de lui, inconsciemment, dans un geste de soutien entre coéquipiers. Malheureusement, les membres du jury restaient impassibles et c'était à se demander s'ils avaient entendu les plaintes du binôme de Cambridge.

Le texte entre les mains, Giulia fixait à son tour le seul membre féminin du jury, attendant une réaction. Mais rien, nada, niente, niet à l'exception d'un mouvement de la main leur ordonnant d'aller voir plus loin et de commencer à travailler. L'américaine allait protester, continuant ainsi le laïus de Melloy, mais l'homme barbu se leva, les observant de ses deux petits yeux méchants.

« Je constate, une nouvelle fois, que Cambridge rencontre toujours quelques difficultés dès qu'il s'agit de suivre un réglement, mais je vais faire l'effort de répéter ce que j'ai déjà eu l'occasion de vous dire »
Son regard se posa d'abord sur Giulia, puis sur Melloy avant de remettre ses lunettes, tenant à bout de bras le réglement de l'épreuve.
« Si le texte donné ne convient pas aux étudiants, les dits étudiants sont libres d'abandonner l'épreuve »
Quelques sourires illuminèrent le visage des autres vieils hommes qui composaient le jury, a priori ils trouvaient cette scène excessivement drôle. L'un d'entre eux essayait même de camoufler son rire en faisant semblant de se moucher dans un mouchoir en tissu.

C'était trop, Giulia frisait la crise de nerfs.

« Mais nous ne pouvons pas jouer cette scène, c'est impossible, im-pos-si-ble, refaites les binômes ou donnez nous le texte de l'équipe absente » fit-elle en montrant du doigt une liasse de feuilles restée sur la table, faute de comédiens.
« Nous ne voulons pas entrer dans les détails mais nous » d'un même geste, elle désigna Melloy et sa propre personne « sommes en pleine période de rupture »
Difficile de ne pas voir qu'elle cherchait, un peu, l'apitoiement du jury.
« Nous faire jouer la scène du balcon de Roméo et Juliette, ce serait privilégié les autres groupes. Et comme vient de vous le faire remarquer Melloy, il y a tout un tas de pièces méconnues qui mériteraient d'être représentées dans le cadre des épreuves de théâtre »

Bizarrement, Giulia ne se sentait pas réellement convaincue. Au plus profond d'elle-même, peut-être qu'elle avait envie de jouer cette scène, aussi ridicule et gênante qu'elle puisse l'être. Elle préféra se taire, elle ne voulait pas se trahir.

« Que les choses soient claires. Votre vie privée n'intéresse absolument pas le jury, mais sachez qu'un bon comédien est capable de dissocier sa vie personnelle et sa vie professionnelle. Si vous ne vous sentez pas capable de séparer vos problèmes et votre performance scénique, eh bien je vous invite à rejoindre la sortie. Dans le cas contraire, si vous êtes prêts à prendre sur vous, je vous conseille de cesser votre cirque au plus vite et de commencer à vous préparer, l'heure tourne et dieu sait qu'il ne vous attendra pas »

Le barbu se rassit et sans même leur accorder un regard de plus, se replongea dans une conversation visiblement captivante et passionnante avec son voisin de table.

Giulia se détourna, se trouvant ainsi en face de Melloy pour la première fois des Olympiades. Elle lui remit le texte entre les mains, n'y trouvant aucune utilité.
« Je connais déjà cette scène par cœur » se justifia-t-elle, la scène du balcon ayant fait l'objet d'un cours de littérature approfondi au lycée. Et elle l'avait déjà jouée, et vue, et revue.
Son regard se faisait fuyant, en réalité, elle était tout à fait incapable de soutenir le regard du jeune homme. Par conséquent, elle semblait absorbée dans la contemplation de Virginia.
« On va tirer les choses au clair : on ne se touche pas »
« Alors, pour la première et la dernière fois, je ne veux plus que la moindre parcelle de ton corps imberbe frôle le mien. Crois moi, tu n'as rien à y gagner, niente, parce que même si tu naviguais en solitaire dans les régions les plus reculées de l'océan, que tu me sauves de la noyade, que courageusement tu t'acharnes à pomper toute l'eau de mes poumons et que ton obstination me ramène des frontières de la mort.. Eh bien ce serait encore un cauchemar que le premier visage que je vois, appartienne à un des membres du fan-club de Kenzie Rose Stewarts »
« Mais sinon, je n'ai rien contre toi Melloy »

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MessageSujet: Re: Giddy Stratospheres - Melloy   Sam 27 Déc - 6:25

Manifestement, Melloy s’était usé les cordes vocales pour rien. Sa petite prestation n’avait pas été suffisamment convaincante pour provoquer chez ce jury un semblant de réaction. Ils restaient là, assis sur leur chaise, fixant le binôme avec leurs têtes de lardons fumés. Les hostilités étaient sur le point de reprendre de plus belle, entre Giulia qui semblait sur le point de prendre le relai, et Melloy qui était loin d’en avoir terminé. Mais un des membres jury, trop barbu pour ne pas avoir l’air d’un parfait idiot, les coupa dans leur élan. Avec son air supérieur, il remit en cause la discipline de Cambridge avant de relire un point du règlement : « Si le texte donné ne convient pas aux étudiants, les dits étudiants sont libres d’abandonner l’épreuve ». Abandonner l’épreuve ? Une idée qui sonnait comme une douce mélodie à l’oreille de Melloy. Il l’aurait certainement fait si son esprit de compétition n’étais pas si étrangement développé. Parce que maintenant qu’il était là, il devait gagner. Ce n’est pas pour rien qu’il s’était déjà tapé l’épreuve d’aviron. Alors non, il n’allait pas abandonner. Et oui, il allait gagner. Avec ou sans Giulia. Roméo et Juliette ou pas.

Giulia lança à son tour son légitime cri de désespoir, misant tout sur l’émotion et la pitié. Echec total. Il fût seulement suivit d’un discours vu et revu de l’acteur qui doit pouvoir mettre sa vie personnelle de côté lorsqu’il interprète un personnage. Inutile d’insister. La seule chose qu’ils pouvaient faire, maintenant, c’était de gagner. Histoire de remette cette bande de vieux tout ridés à leurs places. Motivé et résigné, Melloy récupéra le texte que lui tendait Giulia. Elle s’adressa alors à Melloy pour la première fois depuis les début de Olympiades.

- Je connais déjà cette scène par cœur.

Melloy eut la désagréable impression qu’un vent glacial venait de traverser la pièce. C’est official, l’ambiance était clairement tendu. Ils avaient le regard fuyant, regardant n’importe quoi dans le simple but de ne pas croiser le regard de l’autre. Et Giulia ne tarda pas à fixer quelques règles, diminuant une nouvelle fois la température de la pièce.

- On va tirer les choses au clair : on ne se touche pas.

Le combat était lancé. Et Giulia avait toutes les chances de gagner le premier round.

- Alors, pour la première et la dernière fois, je ne veux plus que la moindre parcelle de ton corps imberbe frôle le mien. Crois moi, tu n'as rien à y gagner, niente, parce que même si tu naviguais en solitaire dans les régions les plus reculées de l'océan, que tu me sauves de la noyade, que courageusement tu t'acharnes à pomper toute l'eau de mes poumons et que ton obstination me ramène des frontières de la mort.. Eh bien ce serait encore un cauchemar que le premier visage que je vois, appartienne à un des membres du fan-club de Kenzie Rose Stewarts.

Kenzie Stewarts entrait déjà en scène. On a rarement vu deux individu qui se détestaient autant que Giulia et elle. Si elles avaient le malheur de se retrouvaient dans la même pièce, le sang giclé et les têtes tombées. Assez marrant à voir. Sans dire un mot, Melloy se dirigea vers l’endroit le plus isolé qu’il pût trouver, à savoir un coin de la salle. Que ce soit pour se disputer ou pour jouer ce cher Romeo, le mieux était de rester le plus loins possible du reste de la population. Il n’avait pas envie de se lancer dans une nouvelle prise de tête avec Giulia, c’était certain, mais se faire provoquer sans réagir n’était tout simplement pas envisageable. Alors il devait répondre, c’était plus fort que lui. Elle lança tout de même un dernier « Mais sinon, j’ai rien contre toi Melloy », sans doute pour calmer le jeu, sans succès.

- Parce que tu crois que j’ai envie de te toucher ? Sérieusement, si un jour tu te noies, compte pas sur moi pour aller te repêcher. Je serai trop occupé à te faire couler un peu plus dans les profondeurs de l’océan pour faire quelque chose pour toi. Et t’auras plus qu’à prier pour que les membres du fan-club de Nathaniel Andrew Walton se pointent pour sauver sa présidente.

Nathaniel, Kenzie. Des prénoms récurrents dans les disputes de Melloy et Giulia. Ils avaient sans conteste décroché le rôle des personnages secondaires des trépidantes aventures du couple incestueux.

- Mais sinon, j’ai rien contre toi Giulia, ajouta-t-il pour conclure ce petit combat verbal de la même façon que cette dernière.

Il jeta un rapide coup d’œil sur le texte. Il se souvenait l’avoir longuement étudié en cours, mais faute d’attention, il ne se rappelait que de quelques passages. Sans doute une petite moitié du texte intégral. Contrairement à sa coéquipière, lui, il allait avoir du boulot.

- Ok, vu nos concurrents, on a toutes les chances de gagner cette épreuve. Donc je vais mettre de côté l’horreur que j’éprouve à devoir jouer ce texte avec toi, et je te propose de le faire une première fois, avec le texte, pour voir ce que ça donne. On a qu’à se rappeler nos années Harper, on était plutôt bon pour ça à l’époque.

Melloy se souvenait avec une certaine nostalgie de toute les pièces qu’ils avaient eu l’occasion de jouer ensemble. Depuis, l’attirance physique qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre avait été remplacé par un étrange sentiment qui se situait entre l’indifférence et la haine. Et pour une fois, il n’y était absolument pour rien. Il est vrai que ni Melloy, ni Giulia n’étaient fait pour les relations de longues durées. Mais en ce qui concerne le jeune homme, il avait su rester totalement fidèle pendant tout ce temps. Inutile de préciser que le scénario n’était pas le même du côté de l’américaine.

Jouant le jeu, Melloy récita la première tirade de Roméo qui s’étalait sur plusieurs lignes. C’était assez difficile à admettre, mais le jeune homme avait un certain faible pour le théâtre. Et même si on avait rarement vu plus gnagnan que Roméo et Juliette, il fallait admettre que cette pièce avait un certain charme. D’un autre côté, Melloy n’avait tellement rien à voir avec Roméo. Et Giulia était tellement loin du personnage de Juliette, que devoir interpréter ces personnages était assez ridicule. Seul l’histoire d’une relation interdite était à conserver, sachant que ces deux énergumènes étaient censés être des cousins. Mais pour ce qui est du côté romantique, disons que ce mot ne faisait pas vraiment pas parti de leur vocabulaire.

Une fois sa tirade terminé, il leva péniblement les yeux vers sa coéquipière. Ce n’était que du théâtre, certes, mais faire comme si Giulia était sa « Juliette » relevait presque de l’impossible. Bon acteur ou pas. Après tout, entre la bombarder de compliments et lui coincer la tête dans un mixer, il préférait de loin l’option du mixer.
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MessageSujet: Re: Giddy Stratospheres - Melloy   Sam 27 Déc - 17:14

Au moins, la situation était claire. Si Giulia en voulait à Melloy (même si entre nous, c'était bel et bien elle la fautive, le jeune homme n'avait strictement rien à se reprocher), la réciproque semblait être aussi valable - à en juger par la tirade de ce dernier. Pourquoi personne n'osait en prendre un pour frapper l'autre ? Il ne faut pas se voiler la face, ils se noyaient dans des chamailleries sans aucun intérêt mais de nombreuses conséquences (néfastes de surcroit). Où allait le monde ? Nulle part, seulement ces deux gamins avaient besoin d'une leçon. Shakespeare et ses deux jeunes amants tombaient à pic.

« Mais sinon, j’ai rien contre toi Giulia »

C'était ridicule, et le pire dans tout ça, c'est qu'elle en avait conscience. Sa dernière prise de parole, on avait fait mieux niveau subtilité, s'apparentait purement et simplement à de la provocation.
Ridicule, ri-di-cu-le.
Mais peut-être était-ce une manière -peu commune certes- de se rassurer elle-même, pour s'assurer que Melloy n'avait pas perdu de sa verve et de sa rhétorique, même en période de guerre froide ridiculement pathétique.

« Ok »
Pardon ? Genre ils étaient Ok maintenant ? Ils allaient vraiment faire abstraction de leur querelle, n'est-ce pas ? Et celle-ci se résumait et pouvait se conclure en un "Ok" ? Giulia arqua un sourcil, à deux doigts de répliquer. Pourquoi ne pas interpréter à leur manière cette scène phare de l'œuvre de Roméo et Juliette hein. S'ils te voient, ils te tueront. Oh oui Juliette, si seulement ils le voyaient.
« Ok, vu nos concurrents, on a toutes les chances de gagner cette épreuve. Donc je vais mettre de côté l’horreur que j’éprouve à devoir jouer ce texte avec toi »
Confirmation, leurs chamailleries passaient aux oubliettes et ils devaient enfiler respectivement le masque de Roméo et Juliette. Un masque sur un masque, Mercutio ne croyait pas si bien dire. Jamais, au grand jamais, Giulia n'avait trouvé une pièce de théâtre aussi débectante qu'à présent. Sachez tout de même que la querelle ancestrale des Montague et des Capulet la passionnait depuis toujours et que la pièce figurait de son top-ten. Mais rien à faire, comme le disait si bien Melloy, c'était une horreur, non du gachis. L'américaine ne tenta même pas de répliquer, inutile, il savait très bien qu'une telle révulsion était partagée.
Ou peut-être pas en fait. Comment être sûrs que Giulia n'était pas, en réalité, ravie de jouer cette scène avec son ex petit ami accessoirement cousin ? Mais, habituée à dissimuler ses sentiments et tout ce qui pourrait faire d'elle une fille guimauve, elle préférait se comporter comme une sorcière hautaine et blasée.
« .. et je te propose de le faire une première fois, avec le texte, pour voir ce que ça donne. On a qu’à se rappeler nos années Harper, on était plutôt bon pour ça à l’époque »
De toute façon, elle n'avait pas le choix ? Si elle voulait défendre et honorer Cambridge, ils allaient devoir faire.. équipe et fournir de nombreux efforts afin que cette collaboration se passe dans les meilleures conditions possibles. Sauf qu'elle s'en tapait totalement de Cambridge, de Qiang et ce baratin de valeurs à défendre, et qu'elle ne comptait pas faciliter la tâche à son cher camarade. Elle le fusilla du regard à l'évocation de leurs années lycée, elle s'était toujours interdit d'y repenser avec nostalgie alors entendre Melloy sortir de telles inepties, c'était comme lui tendre un fouet, un bâton de fer, peu importe tant que ça pouvait faire mal.

« Tu parles trop » lui reprocha-t-elle en se détournant de la conversation pour aller chercher le double de leur texte. Elle avait beau le connaître quasiment par cœur, elle trouvait ça rassurant d'avoir le texte sous les yeux. Tout d'un coup, elle se trouvait affreusement cruelle. Cette attitude vis à vis de Melloy ne lui ressemblait absolument pas et elle s'en mordait déjà les doigts - inconsciemment. Feuillet en main, elle revenant sur ses pas, assez perturbée par cette simple constatation. Quand elle reposa son regard sur le jeune homme, il était déjà plongé dans la lecture de la scène. Déjà, il commençait à réciter la première tirade, se mettant en condition.
Précisons tout de même qu'ils étaient isolés pour pouvoir préparer l'épreuve tranquillement, comme tous les autres groupes éparpillés dans l'immense salle.

« Hélas ! » s'exclama Giulia-Juliette, rien de bien compliqué pour cette première réplique. Il fallait simplement qu'ils s'occupent de l'espace scénique. Si Juliette était censée se tenir sur le balcon, et Roméo dans le jardin sous sa fenêtre, ce n'était pas anodin. Shakespeare était un génie, qu'on se le dise. Le regard de l'américaine croisa celui de Melloy, c'était inévitable de toute manière, ils ne pouvaient pas se contenter de fixer leurs feuilles pendant toute la durée de la scène.
« Ô Roméo ! Roméo ! pourquoi es-tu Roméo ? Renie ton père et abdique ton nom; ou, si tu ne le veux pas, jure de m'aimer et je ne serai plus une Capulet » récita-t-elle d'un air amusé. Réplique mondialement connue, mais quelle plaisir que celui d'en prononcer chacun des mots qui la composent. Premier sourire de la jeune femme à l'égard de son partenaire. Finalement, peut-être que leur situation sentimentale pourrait les aider à se transposer dans chacun de leurs personnages.

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MessageSujet: Re: Giddy Stratospheres - Melloy   Dim 4 Jan - 0:53

- Tu parles trop.

Melloy ne prêta pas la moindre attention aux nouvelles provocations de Giulia, et se contenta de se lancer dans sa première tirade, avec concentration et sérieux. Une preuve de maturité de sa part ? On aura tout vu.

- Il se rit des plaies celui qui n'a jamais reçu de blessures...

Shakespeare dans tout ses états. Etait-ce normal, pour un type comme Melloy, d’apprécier ce genre de pièce ? Sérieusement, Roméo et Juliette. Autant se plonger devant « Bambi » ou « Le Roi Lion », le résultat est le même. Une petite larme de versée pour les plus sensibles, et des douces moqueries de la part des autres. Melloy, c’était censé être le genre de mec qui se plaçait sans contestation possible dans la seconde catégorie. C’est vrai, un manipulateur sans cœur, et un brin macho. Difficile d’avouer dans ces conditions qu’il n’était qu’un sensible refoulé. Encore moins face à Giulia, doté d’un cœur encore plus dur que le sien. Du moins, en théorie.

- …Voyez comme elle appuie sa joue sur sa main ! Oh ! Que ne suis-je le gant de cette main ! Je toucherais sa joue !

Avec un monologue aussi long, Melloy s’était inévitablement plongé dans le personnage. Voyant en Giulia une nouvelle Juliette. C’est ainsi que leurs regards se croisèrent une nouvelle fois, sans qu’aucune mauvaise tension ne se fasse ressentir.

- Ô Roméo ! Roméo ! pourquoi es-tu Roméo ? Renie ton père et abdique ton nom; ou, si tu ne le veux pas, jure de m'aimer et je ne serai plus une Capulet.

Qui aurait pu croire que l’anti-Juliette par excellence serait aussi convaincante dans ce rôle ? Melloy, peut-être. Après tout, mentir était une seconde nature pour ces deux là, alors jouer la comédie… quelle différence ? Quand je vous disais qu’ils pouvaient gagner cette épreuve haut la main, c’était pas des conneries.

Et les répliques s’enchainèrent, pendant que la tension retombait. Lentement, mais sûrement. Sans encombre, ils terminèrent une première fois le texte. Melloy commençait à le maitriser, et à la connaître par cœur. Ce qui était déjà le cas pour Giulia. Inutile donc de s’acharner dessus plus longtemps, ils leur restaient une bonne demi-heure de préparation, et c’était bien plus qu’il n’en fallait. Ce n’est pas que le jeune homme avait envie d’une confrontation avec son ex petite-amie, loin de là. Mais il avait une certaine envie de mettre les choses à plat, et d’avoir une conversation normale avec elle. Sans avoir besoin, dans la mesure du possible, de faire voler les assiettes.

- Ça te tenterais pas d’agiter la drapeau blanc ? Si je te dis ça, c’est parce qu’à la base, j’ai rien à me reprocher. Je vais pas attendre des excuses de ta part, sinon je risque les attendre longtemps. Mais on sait tout les deux que si quelqu’un doit en présenter ici, c’est bien toi.

Il n’avait rien à se reprocher. C’était une expérience nouvelle, de ne pas être la cause d’une dispute. Pour une fois, il avait le rôle de la victime, et c’était assez agréable de se dire qu’il avait raison. La simple évocation du nom de Nathaniel suffisait pour rétablir la situation, et rendre coupable Giulia. Oui, il se sentait en position de force. Et pourtant, il n’avait même pas envie d’en profiter.

Il s’adossa contre le mur et se laissa glisser, pour finalement terminer en position assise.

- J’sais pas si tu réalises que c’est assez frustrant de savoir que tu m’as laissé tomber pour un type comme Nathaniel. Depuis quand les américaines comme toi s’intéressent aux intellos comme lui ? J’te demande pas des explications, j’me pose juste des questions.

Parce qu’en dehors de l’épisode Nathaniel qui avait quelque peu changé ses plans, Melloy n’avait jamais eu la moindre intention de rompre avec Giulia. Et même si il ne demandait pas d’explications, il crevait tout de même d’envie d’en savoir plus. Manifestement, Shakespeare avait transformé la haine qu’il éprouvait pour Giulia en une sorte de mélancolie pour leurs moments passés ensemble. Un génie, ce type.
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Giddy Stratospheres - Melloy
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